Politiquemania

La base de données de la vie politique française

Jusqu'ici tout va mal

Auteur : Cécile Amar

Édition : Grasset

Date de parution : 15 janvier 2014

Présentation de l'éditeur :

«Je savais que j'allais perdre ma liberté»

Sa jouissance devrait être maximale. Il est à l'acmé de sa carrière politique. François Hollande est président de la République, et il a encore un peu de mal à s'y faire. L'homme avec qualités n'est à l'Élysée que depuis quelques heures. «Regarde, c'est beau», s'exclame-t-il à l'intention de tous ses visiteurs, en montrant les lustres, les dorures, les tapisseries... Et il entre dans toutes les pièces, n'a jamais été aussi fier de lui. «Là c'est la salle du Conseil des ministres», s'enflamme le guide-président, oubliant même que ses visiteurs y ont parfois siégé pendant de longs mois, sous François Mitterrand ou Jacques Chirac, aux côtés de Lionel Jospin. «Ça me rappelle des souvenirs», osent-ils à peine, gênés.

Mais en ce jour de mi-mai 2012, pluvieux comme presque tous depuis qu'il est devenu président, François Hollande a l'air préoccupé. Il s'approche de ses collaborateurs et s'enquiert : «Comment je sors sans qu'on me voie ?» A peine enfermé, il veut déjà se libérer, s'enfuir, quitter cette prison dorée.

Quelques semaines avant son élection, en mars 2012, François Hollande demande à l'un de ses officiers de sécurité, un de ceux avec qui il s'est lié : «Je pourrai continuer à faire du scooter ?» Son scooter ? Son meilleur ami, celui qui lui permet d'échapper à tout le monde, se faufiler, se défiler. Ce deux-roues, il l'enfourche depuis trente ans, symbole d'une jeunesse qu'il voudrait éternelle. Étendard d'une normalité synonyme de victoire.

Le policier du SPHP ose juste : «Ça dépend, monsieur. - Que se passera-t-il si je roule en scooter ? - Une voiture sera devant vous, une autre derrière, et des motos sur les côtés.» Le candidat comprend.

Il est élu depuis à peine dix jours. François Hollande a demandé à ce fidèle de venir le voir. Un hollandais historique, qui connaît tous ses secrets, qui lui a toujours dit la vérité. Le chef de l'État veut partager sa victoire, il ouvre la fenêtre de son bureau pour profiter des jardins : «Tu étouffes déjà ?» Le président sourit. Décidément, certains le comprennent sans qu'il n'ait rien à dire.

Le 6 mai 2012 au soir, son équipe avait voulu réquisitionner son iPhone pour le désintoxiquer, le présidentialiser, lui signifier qu'il ne s'appartenait plus. Finalement, François Hollande l'a juste posé sur son bureau, sans l'utiliser pendant de longues minutes. Dans l'avion qui l'arrachait à Tulle, il répondait déjà aux textos, en envoyait. Et depuis, s'il a changé le code de son appareil, il ne l'a plus jamais quitté. Ce vieil iPhone, son fil avec sa vie d'avant, son lien avec le monde extérieur, son instrument pour «engueuler» ses ministres ou ses collaborateurs, répondre aux journalistes, sa soupape quand le piège se referme trop promptement. Sans lui, il serait perdu. Sans lui, il ne comprendrait plus son pays.

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