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La vie politique américaine

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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Jeu 8 Fév 2018 02:25

Vaulti a écrit:Pour le Missouri, c'est surtout le profil d'Hillary Clinton qui était un repoussoir pour les électeurs. Barack Obama y réalisait des scores plus acceptables.
Dans tous les cas, cela n'annonce rien de bon pour les midterms pour les républicains.
Un récapitulatif du "swing" pour les élections partielles est disponible sur le lien ci-dessous:
https://docs.google.com/spreadsheets/d/ ... ?sle=true#
Depuis l'accession au pouvoir de Trump, sur les élections partielles, les démocrates ont, en moyenne, fait un swing de 12 points en leur faveur par rapport au duel Trump/Clinton. 8 pts par rapport au duel Obama/Romney.


Le Missouri n'est plus vraiment le swing state qu'il fut jadis. Il a longtemps été le swing state qui ne se trompe jamais, et puis en 2008 et en 2012 il a mis fin à sa série en choisissant par deux fois le perdant, de très peu la première fois (à peine 4 000 voix d'écart entre Obama et MacCain, il fut le dernier état à être attribué au collège électoral), de beaucoup la seconde (plus de 250 000 voix d'avance pour Romney).
Certes, en 2016 Clinton était sans doute une très mauvaise candidate pour cet état (en même temps c'était une mauvaise candidate tout court :) ), ce qui explique en partie les plus de 500 000 voix d'avance de Trump. Mais pas uniquement. C'est un état dont la démographie tend désormais à avantager les républicains assez nettement.

cevenol30 a écrit:Ce "swing" est en effet important. Trump a donc intérêt à remobiliser sa base en accrochant ses centres d'intérêt ou (moins efficace?) en manoeuvrant politiciennement. Traiter les démocrates qui le boudent de traîtres relève probablement de cette stratégie, faisant appel sous-jacent au respect des institutions et de la patrie, valeurs censées parler aux républicains (quand ça les arrange).

Quelques éléments économiques qui pourraient jouer dans les temps qui viennent:
-les taux d'intérêt ont tendance à augmenter suite d'une part à la réforme fiscale de Trump (recettes en baisse non financée sinon... par l'emprunt, ce qui tend à inquiéter un peu les détenteurs de bons du Trésor), d'autre part à la hausse en cours des taux de la Fed
-la Bourse a eu une phase de baisse sensible voire de krach démarrant notamment sur les titres de dette publique, malgré les baisses d'impôt qui ont au départ fait miroiter de meilleurs dividendes. Certaines entreprises ont d'ailleurs dû passer des provisions lors du passage au nouveau système fiscal donc c'est plus contrasté. L'impact économique du marché actions est plus immédiat aux USA car, du fait de l'inexistance d'une épargne sécurisée et avec un taux un peu potable comme nos livrets réglementés, l'épargne (surtout celle des classes aisées: le taux d'épargne est faible voire... négatif parfois, loin du comportement d'écureuil des Français) est davantage placée en actions, ce qui crée un "effet richesse": quand la bourse monte, les ménages se sentent plus riches (à voir le solde du compte-titres) donc se sentent tranquilles pour dépenser plus...
-le déficit commercial des USA a augmenté de +6% en décembre (surtout vis à vis de la Chine, du Mexique et de... l'Italie)


Le problème c'est que la stratégie trumpienne ne vise qu'a complaire à cette base, plus par des postures que par des politiques d'ailleurs, bien souvent. Tactiquement et à court terme ça marche : Trump conserve le soutien de la base, et c'est le GOP qui se trumpise plutôt que l'inverse (au grand désarroi de l'aile centriste du parti). Stratégiquement et à long terme c'est catastrophique : le GOP perd tout espoir de s'adresser aux électorats tangents, et cela attise encore plus vigoureusement la division partisane du pays. Et je ne parle même pas de l'impact sur la gouvernance du pays : il n'y a plus guère d'horizon de gouvernance sur le fond. Quand on voit que la majorité ne propose toujours pas de budget pérenne et que Trump passe son temps à attaquer le camp adverse (l'ennemi ?), comment peut-on imaginer des propositions bipartisanes ? Ce serait pourtant la seule alternative.

Pour l'économie, le krach de lundi dernier a créé une situation télévisuelle assez drôle et imprévisible : Trump avait programmé ce jour là une sortie en Ohio pour vanter son bilan économique. Comme d'habitude le président n'a pas cessé de vanter son bilan boursier (des dizaines de record de plus haut depuis son élection), comme étant de son fait. Le problème c'est que tous les médias rediffusaient cette allocution en split screen avec l'effondrement des cours en simultané :). Cela dit, ça fait un nouveau record à afficher à son tableau pour Trump : la plus forte baisse en point (pas en pourcentage) du Dow Jones de l'histoire.
Personnellement, je ne crédite pas les présidents des performances boursières, je ne les blâme pas non plus pour leurs contre-performances. Le problème c'est que Trump n'a pas cette vision des choses. Du coup depuis lundi, on sent que la Maison Blanche évite un peu le sujet. On n'en est pas encore à nous dire que les hausses sont du ressort présidentiel (uniquement pour Trump hein, pas ses prédécesseurs) mais pas les baisses, mais ça viendra j'imagine :).
Comme je l'avais dit il y a quelques jours sur ce fil de discussion, la bourse US est clairement en surchauffe depuis des mois (surchauffe largement entretenue par la politique fiscale de Trump). Les derniers signes de risque d'inflation de l'économie US (risques bien réels) couplés à une incertitude quant à la FED (puisque Trump a tenu à changer la direction, contre tous les usages après un seul mandat de la sortante) ont entrainé ce mouvement de correction. Est-il passager ou le début d'un cycle de repli, alors là, mystère ?
L'économie réelle pour l'heure continue à bien se porter. Mais là aussi, c'est le cas depuis désormais 8 ans. Les risques fondamentaux de l'économie US sont toujours là : dettes massives, déficit commercial abyssal, spéculation boursière et financière (là aussi, renforcée par la dérégulation trumpienne). Rien que sur le chômage, on arrive sans doute au plafond minimal. Il va être difficile de descendre plus bas que ça. Je ne sais pas si les fondamentaux économiques US bougeront d'ici aux midterms. Prévoir l'évolution économique à un mois c'est déjà pas évident, alors à 9 mois :). Par contre, il me parait difficile que l'économie US tienne à ce rythme jusqu'en 2020. Voir un cycle de croissance de près de 10-11 ans, ce serait du jamais vu depuis très longtemps (même pendant les 30 Glorieuses, l'économie US a connu des crises, il faudrait remonter à la période des années 1920 peut-être ?).
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Re: La vie politique américaine

Messagede ploumploum » Jeu 8 Fév 2018 15:38

Corondar a écrit:
cevenol30 a écrit:Quelques éléments économiques qui pourraient jouer dans les temps qui viennent:
-les taux d'intérêt ont tendance à augmenter suite d'une part à la réforme fiscale de Trump (recettes en baisse non financée sinon... par l'emprunt, ce qui tend à inquiéter un peu les détenteurs de bons du Trésor), d'autre part à la hausse en cours des taux de la Fed
-la Bourse a eu une phase de baisse sensible voire de krach démarrant notamment sur les titres de dette publique, malgré les baisses d'impôt qui ont au départ fait miroiter de meilleurs dividendes. Certaines entreprises ont d'ailleurs dû passer des provisions lors du passage au nouveau système fiscal donc c'est plus contrasté. L'impact économique du marché actions est plus immédiat aux USA car, du fait de l’inexistence d'une épargne sécurisée et avec un taux un peu potable comme nos livrets réglementés, l'épargne (surtout celle des classes aisées: le taux d'épargne est faible voire... négatif parfois, loin du comportement d'écureuil des Français) est davantage placée en actions, ce qui crée un "effet richesse": quand la bourse monte, les ménages se sentent plus riches (à voir le solde du compte-titres) donc se sentent tranquilles pour dépenser plus...
-le déficit commercial des USA a augmenté de +6% en décembre (surtout vis à vis de la Chine, du Mexique et de... l'Italie)


Pour l'économie, le krach de lundi dernier a créé une situation télévisuelle assez drôle et imprévisible : Trump avait programmé ce jour là une sortie en Ohio pour vanter son bilan économique. Comme d'habitude le président n'a pas cessé de vanter son bilan boursier (des dizaines de record de plus haut depuis son élection), comme étant de son fait. Le problème c'est que tous les médias rediffusaient cette allocution en split screen avec l'effondrement des cours en simultané :). Cela dit, ça fait un nouveau record à afficher à son tableau pour Trump : la plus forte baisse en point (pas en pourcentage) du Dow Jones de l'histoire.
Personnellement, je ne crédite pas les présidents des performances boursières, je ne les blâme pas non plus pour leurs contre-performances. Le problème c'est que Trump n'a pas cette vision des choses. Du coup depuis lundi, on sent que la Maison Blanche évite un peu le sujet. On n'en est pas encore à nous dire que les hausses sont du ressort présidentiel (uniquement pour Trump hein, pas ses prédécesseurs) mais pas les baisses, mais ça viendra j'imagine :).


J'aurais plus parlé de "grosse correction" que de "krach" qui semble utilisé uniquement à cause de l'ampleur de le perte en pts. C'est vite oublier que le Dow Jones est passé de 18 000 pts (nov 2016) à 26 600 il y a encore quelques jours. En plus, le système de "coupe-circuits" n'a même pas été déclenché.
https://www.latribune.fr/bourse/affolem ... 67404.html
Concernant Trump, il aurait pu saluer cette chute (ça aurait été drôle ;-) ) vu qu'apparemment elle est due à de bonnes nouvelles dans l'économie réelle (hausse des salaires et création d'emplois meilleures que prévues--> crainte de l'inflation--> relèvement des taux, etc, etc...)
http://www.lemonde.fr/economie-mondiale ... 56941.html


ploumploum a écrit:Par 245 pour/182 contre, la Chambre des Représentants adopte une nouvelle rallonge budgétaire (jusqu'au 23 mars) afin d'éviter un nouveau shutdown (le texte adopté fin janvier n'assure un financement que jusqu'au 8 février)

https://www.challenges.fr/monde/les-rep ... own_565682


On apprend qu'un accord de court-moyen terme a été conclu au Sénat. Il prévoit entre autres :
une hausse des dépenses d’environ 300 milliards de dollars sur deux ans. Les sénateurs envisageaient pour 2018 et 2019 un gonflement annuel des dépenses militaires de l’ordre de 80 milliards de dollars (65 milliards d’euros), selon le Washington Post, qui s’ajouteraient aux 549 milliards du dernier exercice. Il serait complété par une hausse des dépenses non militaires, notamment sociales, de 63 milliards de dollars, selon la même source, en plus d’un total qui s’élève pour l’instant à 516 milliards. S’y ajouterait également une aide de 90 milliards de dollars pour les Etats et territoires américains dévastés par les tempêtes de 2017.


Le vote des sénateurs est prévu pour aujourd'hui et si le Président Trump a salué cet accord, en revanche "les faucons fiscaux" et Nancy Pelosi le critiquent. Dans une très longue intervention ( 8 heures/ un record) à la Chambre, la leader de la minorité démocrate conditionne un vote favorable de son groupe à l'inscription à l'ordre du jour d'un débat sur l'immigration et le dossier des dreamers.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article ... _3222.html
https://www.courrierinternational.com/a ... e-depenses
http://www.lemonde.fr/ameriques/article ... _3222.html
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Re: La vie politique américaine

Messagede ploumploum » Jeu 8 Fév 2018 23:10

ploumploum a écrit:J'aurais plus parlé de "grosse correction" que de "krach" qui semble utilisé uniquement à cause de l'ampleur de le perte en pts. C'est vite oublier que le Dow Jones est passé de 18 000 pts (nov 2016) à 26 600 il y a encore quelques jours. En plus, le système de "coupe-circuits" n'a même pas été déclenché.
https://www.latribune.fr/bourse/affolem ... 67404.html


Apparemment j'ai écrit trop vite ;-) . Le Dow Jones vient de reperdre plus de 1000 pts aujourd'hui, du coup on est peut-être effectivement sur le début d'une phase de krach ou de dégonflement de la bulle. A surveiller.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Ven 9 Fév 2018 00:28

ploumploum a écrit:
ploumploum a écrit:J'aurais plus parlé de "grosse correction" que de "krach" qui semble utilisé uniquement à cause de l'ampleur de le perte en pts. C'est vite oublier que le Dow Jones est passé de 18 000 pts (nov 2016) à 26 600 il y a encore quelques jours. En plus, le système de "coupe-circuits" n'a même pas été déclenché.
https://www.latribune.fr/bourse/affolem ... 67404.html


Apparemment j'ai écrit trop vite ;-) . Le Dow Jones vient de reperdre plus de 1000 pts aujourd'hui, du coup on est peut-être effectivement sur le début d'une phase de krach ou de dégonflement de la bulle. A surveiller.


Plus de 3000 points de repli d'indice boursier en quelques jours, ça commence à faire une grosse correction en effet :). En bourse, le sentiment de panique peut se propager vite et fort (les bourses mondiales s'en ressentent d'ailleurs).
Comme je l'ai dit, les envolées boursières des derniers mois étaient objectivement surréalistes et basées essentiellement sur de l'euphorie et de la spéculation (largement entretenues par les cadeaux fiscaux de Trump). Le problème c'est que cette "correction" se fait en même temps qu'émergent des craintes réelles pour les marchés américains : le retour possible de l'inflation et la hausse probable des taux d'intérêt. Le dernier point étant le pire à court terme : qui dit hausse des taux d'intérêt dit fin de l'endettement gratuit, et dans une économie qui ne tourne qu'à la dette, c'est un très mauvais signal. Car si il y a bien un élément sur lequel l'état américain et la société civile n'ont jamais varié depuis la fin des années 1990 c'est bien celui là : la course incessante à la dette et au déficit. Pour l'inflation c'est un peu tôt pour se prononcer, mais c'est là un risque de long terme assez réel qui inquiète aussi les marchés : une fois que l'inflation arrive, c'est très difficile de l'arrêter, et ça se fait souvent au prix fort pour l'économie réelle. A voir en effet la suite...
En temps normal, tout cela pourrait être d'un impact politique assez limité, mais Trump ayant fait de l'envolée boursière une des vitrines de son mandat, c'est un élément qui peut avoir son importance.

Concernant le budget proposé par le Sénat, on est sur un plan bien plus pérenne que de moyen terme : il vise un financement sur deux ans, avec une hausse sur la période de 180 milliards du budget de la défense et de 130 milliards pour les budgets domestiques, avec en prime une grosse enveloppe pour le traitement des catastrophes naturelles.
Le Sénat par ce projet bipartisan (les républicains ont leur hausse du budget militaire, les démocrates ont leur hausse des budgets domestiques) a pris de court la Chambre qui préférait de loin un nouveau financement temporaire. Au Sénat, MacConnell et Schumer ont réaffirmé leur accord de mettre en débat la question du DACA après le vote de ce budget (et je reste persuadé qu'il ne devrait pas être trop difficile de trouver 60 votes pour la naturalisation des dreamers avec quelques concessions sur la réforme du droit d'asile).
A la Chambre par contre ça coince. D'une les faucons budgétaires républicains ne sont pas prêts à brader la doxa républicaine aussi facilement (la dette pour offrir des baisses d'impôts oui, pour de la dépense non). De deux les démocrates de la Chambre (surtout l'ailé libérale du parti) n'ont pas les mêmes assurances de la part de Ryan sur le DACA : ils restent persuadés que le Speaker ne prendra pas le risque de perdre son poste en énervant son caucus par un débat sur l'immigration. D'autant qu'à la Chambre, il est très difficile de savoir ce que donnerait un vote sur la naturalisation des dreamers et une réforme de l'immigration.
Pour l'heure, Paul du Kentucky semble faire trainer les choses au Sénat pour retarder le vote (en tant que libertarien il goûte fort peu ce genre de projet budgetivore), et du côté de la Chambre c'est silence radio.
https://www.cnn.com/2018/02/08/politics ... index.html
Quant à la Maison Blanche, elle s'est débattue toute la journée en essayant de gérer les retombées d'une nouvelle démission (Rob Porter, le chargé du traitement de l'information auprès du président, a démissionné après qu'ait été rendue publique une enquête le visant suite à des plaintes de violences physiques et sexuelles de la part de ses deux ex-femmes) et en évitant de parler des soucis boursiers des derniers jours.
https://www.cnn.com/2018/02/08/politics ... index.html
Et, pendant ce temps là, le GOP de l'Illinois fait face à une situation plus que gênante : dans une primaire non disputée pour la candidature républicaine au siège du 3e district de l'état (un siège considéré comme trop sur pour les démocrates, le GOP n'avait même pas présenté de candidat en 2016), c'est un candidat néo-nazi qui s'est imposé, faute de combattants.
https://www.nytimes.com/2018/02/07/us/n ... inois.html
Ce qui est désarmant c'est que le GOP local a laissé passer les délais légaux pour contester l'investiture. Du coup les démocrates de l'état (qui visent de faire tomber le gouverneur républicain sortant en novembre) font leurs choux gras de tout ça en dénonçant le racisme ambiant du GOP (après les propos de Trump sur Charlottesville et le shitholegate).
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Re: La vie politique américaine

Messagede Tirnam » Ven 9 Fév 2018 06:37

Et finalement, en raison notamment de l'obstruction parlementaire de Rand Paul, le Sénat n'a pas voté à temps sur le compromis budgétaire et le gouvernement américain est à nouveau en shutdown.

Rand Paul s'oppose à ce compromis parce qu'il mène à des hausses de dépenses et de déficits, chose qu'il a toujours combattu (il a d'ailleurs évoqué l'hypocrisie des républicains qui, sous Obama, s'opposaient à toute dépense supplémentaire et qui aujourd'hui approuvent des dépenses colossales).
Si au Sénat il semble toujours y avoir les voix nécessaires pour faire passer le compromis, la chose est moins certaine à la Chambre. Les démocrates y sont assez opposés (à l'image du discours fleuve de Pelosi hier) à cause de l'absence de débat sur l'immigration, et certains républicains (notamment ceux du Freedom Caucus) pourraient être revigorés par l'opposition de Paul et suivre son exemple.

(Et évidemment cette nouvelle ne devrait pas faire bondir de joie les marchés financiers)

http://www.lemonde.fr/donald-trump/arti ... 53715.html
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Re: La vie politique américaine

Messagede ploumploum » Ven 9 Fév 2018 11:30

Le shutdown pourrait ne durer que quelques heures puisque après l'obstruction de R.Paul, le Sénat a finalement pu voter sur l'accord conclu quelques heures auparavant :

71 pour
28 contre (17 GOP et 11 démocrates dont E.Warren et B.Sanders)
1 absent (McCain)

https://www.senate.gov/legislative/LIS/ ... 1#position

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/ ... -voter.php
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Re: La vie politique américaine

Messagede Tirnam » Ven 9 Fév 2018 11:48

Et finalement la Chambre a voté l'accord 240-186 (environ 70 républicains ont voté contre, 70 démocrates ont voté pour)

Le shutdown aura duré moins de 6 heures.
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Ven 9 Fév 2018 12:36

Sans les voix démocrates, le texte n'aurait pas été voté : les démocrates ont choisi de la jouer responsables sur une ligne de parti de gouvernement. Trump ne verra pas son souhait d'un shutdown pour cause de DACA se produire...
MacConnell a décidé de tenir sa parole : le Sénat commencera à débattre du DACA et de l'immigration lundi. A la Chambre c'est nettement plus incertain, et le vote de ce matin doit créer quelques sueurs froides à Ryan : environ 70 membres de son caucus n'ont pas voté le texte, c'est beaucoup. Ce qu'un vote sur le DACA pourrait donner à la Chambre reste un mystère...
https://www.cnn.com/2018/02/09/politics ... index.html
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Re: La vie politique américaine

Messagede guillaume44 » Ven 9 Fév 2018 19:01

Les démocrates comme les républicains semblent gagnant de ce nouveau budget. De ce que j'ai compris l'ensemble des dépenses augmentent de manières proportionnelles aux alentours de 3% :
- les dépenses militaires
- les dépenses sociales
- les dépenses pour la lutte contre les opioïdes
- les dépenses pour les zones dévastées par les ouragans (Texas, Floride, Puerto Rico)

On objectera tout de même que les démocrates semblent plus responsables que leurs homologues républicains sur le budget et les conséquences du shutdown. Ces derniers n'avaient pas hésité à provoquer un shutdown en 2013 pour un obscurs plafond de la dette et rejeter en bloc un plan d'infrastructure et un plan sur la rénovation des écoles d'Obama car cela créait trop de déficit.

Là les républicains viennent de voter sans ciller une réforme fiscale représentant un gros manque à gagner pour l'état et une forte augmentation de l'ensemble des postes de dépenses.

De ce point de vue, Rand Paul a bien raison de critiquer l'hypocrisie des républicains.

Ce lundi, Donald Trump annoncera son plan sur les infrastructures. Celui-ci est passé d'un trillon à 1.5 trillon de dollars mais la part de l'état fédéral resterait inchangé à hauteur de 200 milliards de dollars. A charge aux Etats et aux mairies de prendre le relais. La taxe sur la consommation de gaz pour financer ce plan serait confirmé.
De manière assez étonnante, les partenariats privés-public ne seraient pas la tasse de thé de Donald Trump. Il les critiquait du temps ou il était chef d'entreprise et ce genre de partenariat est à la fois critiqué par le GOP et le parti démocrate.

https://www.nbcnews.com/politics/donald ... mp-n846086
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Re: La vie politique américaine

Messagede Corondar » Ven 9 Fév 2018 19:15

guillaume44 a écrit:Les démocrates comme les républicains semblent gagnant de ce nouveau budget. De ce que j'ai compris l'ensemble des dépenses augmentent de manières proportionnelles aux alentours de 3% :
- les dépenses militaires
- les dépenses sociales
- les dépenses pour la lutte contre les opioïdes
- les dépenses pour les zones dévastées par les ouragans (Texas, Floride, Puerto Rico)

On objectera tout de même que les démocrates semblent plus responsables que leurs homologues républicains sur le budget et les conséquences du shutdown. Ces derniers n'avaient pas hésité à provoquer un shutdown en 2013 pour un obscurs plafond de la dette et rejeter en bloc un plan d'infrastructure et un plan sur la rénovation des écoles d'Obama car cela créait trop de déficit.

Là les républicains viennent de voter sans ciller une réforme fiscale représentant un gros manque à gagner pour l'état et une forte augmentation de l'ensemble des postes de dépenses.

De ce point de vue, Rand Paul a bien raison de critiquer l'hypocrisie des républicains.


Sans ciller, pour l'aspect dépense, j'irais pas jusque là quand même : 17 sénateurs républicains et environ 70 représentants républicains de la Chambre n'ont pas voté le budget, c'est beaucoup (dans les deux chambres, il y a eu plus de républicains pour rejeter le texte que de démocrates qui l'ont accepté). Et je suis pas certain que les faucons budgétaires républicains (de la Chambre et du Sénat) laissent passer une telle trahison de leur doxa. Il est un peu tôt pour savoir quelles conséquences de long terme tout cela aura sur le GOP. A mon avis ça enterre encore un peu plus la possibilité d'un future plan d'infrastructures ou le mur.
Quant à l'hypocrisie républicaine, cela ne concerne pas que le budget et c'est pas nouveau : pour le parti qui est censé se draper dans les valeurs morales et religieuses, ça fait déjà un moment qu'ils font des entorses à leurs principes sur tout un tas de sujet...
Concernant le DACA, Ryan et le caucus républicain craignent d'ailleurs grandement un bis repetita : qu'un texte passe avec l'aval des démocrates et l'apport des républicains modérés. Et comme on est toujours pas certain de ce que Trump est prêt à signer ou non sur le sujet...Et puis maintenant l'argument du "pas de budget, pas de DACA" ne tient plus.
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