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la vie politique italienne

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Re: la vie politique italienne

Messagede PhB » Sam 10 Juin 2017 07:23

Un vote électronique n'est pas secret.
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Re: la vie politique italienne

Messagede ploumploum » Sam 10 Juin 2017 10:34

PhB a écrit:Un vote électronique n'est pas secret.


IL semble que le Parlement permette de maintenir le secret sur certains votes électroniques. C'est cequi était prévu mais apparemment il y a eu bug...

Ah l'Italie, il manque toujours un truc. L'entente était trop parfaite pour être vraie...

Reste savoir la raison d'un tel résultat (qui n'est pas sans rappeler celui à la présidentielle de 2013 : Prodi devait être élu au 4ème tour---> ça a fini en un fiasco retentissant avec la "disparition" d'une centaine de voix...)
Volonté de torpiller la loi afin qu'une dissolution ne soit pas actée en septembre, ce qui aurait empêché l'obtention du droit à l'indemnité parlementaire à vie (Vitalizio) pour plusieurs élus ?

Eco92 a écrit: Constatant cela, Matteo Renzi n'a plus pu que déclarer « Il est clair qu’avec ce Parlement, il n’y a pas d’espace pour une réforme électorale ». Fermez le ban (d'une manière un peu grotesque, tout de même).


Renzi estime effectivement que les élections auront lieu en 2018 avec le Consultellum. M5E et Forza Italia espèrent toujours une nouvelle loi et un geste du Président de la République pour qu'il fasse pression sur le leader du PD.
http://www.lastampa.it/2017/06/10/itali ... agina.html
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Re: la vie politique italienne

Messagede spinto » Sam 10 Juin 2017 12:54

Aparté dans le long et chaotique roman de l'adoption d'une nouvelle loi électorale italienne, des élections municipales se tiennent demain en Italie. Elles concernent une vague de villes assez mineures (25 communes chefs-lieux, dont seules Gênes et Palerme dépassent les 500 000 habitants), mais intéressante à scruter car il s'agit du renouvellement de la vague de 2012, qui avait marqué les premiers succès du M5S.

Sont notamment à observer :

Gênes :

Il y a 5 ans, Gênes, traditionnel bastion de gauche, avait été assez largement emportée par M. Doria, candidat soutenu par une large coalition de gauche après sa victoire surprise aux primaires (candidat issu du SEL, il avait battu nettement le candidat soutenu par l'appareil du PD). Ratant de peu l'élection au 1er tour (48 %), il avait affronté un indépendant de droite (15 %), le M5S et le candidat officiel de droite manquant la qualification pour le second tour de quelques points (respectivement 14 et 13 %).

Dans l'intervalle, Gênes est devenue une des villes où le M5S obtient ses meilleurs scores (peut-être en partie car B. Grillo y réside). Le parti avait donc logiquement des vues sur l'élection à venir. Un score inférieur à 30 % au 1er tour serait une régression par rapport aux élections récentes.
M. Doria ne se représente pas. La gauche comme la droite se présentent unis, ce qui devrait se traduire par une assez forte polarisation du vote entre les trois blocs.

Les quelques sondages glanés sont assez divergents, certains voyant une possibilité à la droite de regagner la mairie (dans la foulée de leur victoire un peu surprise aux régionales de 2015 en Ligurie, du fait de la division de la gauche). Suspense réel, donc.

Palerme :

En 2012, en pleine débandade de la droite, Palerme, pourtant plutôt conservatrice, s'était offert un second tour entre deux candidats de gauche : d'un côté L. Orlando, ancien maire dans les années 90 et issu de la Démocratie chrétienne, soutenu par l'IdV et la gauche radicale, jusqu'à soutenir la liste Rivoluzione civile aux élections générales de 2013 ; de l'autre côté F. Ferrandelli, candidat du PD. Le premier, passé très près de l'élection au 1er tour, avait triomphé au 2nd avec plus de 70 % des voix.

Comme pour Gênes, Palerme est devenu entre temps une des villes les plus prometteuses pour le M5S, comme la Sicile de façon plus large. A ce titre, l'élection de demain sera scruté dans la perspective des prochaines régionales siciliennes, à l'automne.

Le maire sortant se représente, désormais soutenu par la quasi totalité de la gauche et une partie du centre-droit (le nouveau parti Alternativa popolare d'A. Alfano). La droite est un peu moins unie : FI et UdC soutiennent l'ancien candidat PD de 2012 (...) tandis que les Fratelli d'Italia de G. Meloni ont leur propre candidat. Le M5S est bien évidemment présent.

La loi électorale sicilienne a été modifiée (décidément) : l'élection au 1er tour est acquise dès obtention de 40 % des voix. Selon les sondages, cela pourrait être le cas pour L. Orlando. Comme à Gênes, le M5S obtiendrait un résultat assez décevant, pas certain de devancer le candidat de droite.

Parme :

Ville symbole pour le M5S puisque ce fut en 2012, à la surprise générale, la première grande victoire du parti. Depuis, le maire a été exclu du M5S après des accusations d’abus de pouvoir (pour lesquelles je n’ai toutefois trouvé aucune suite ou conséquence judiciaire) et (surtout ?) pour des désaccords de ligne et de stratégie avec B. Grillo.

Il se représente cette année à la tête d’une liste indépendante, et affrontera un candidat M5S, en plus des candidats de la droite et de la gauche, qui se présentent unies derrière un candidat (hors PCI et PRC pour la gauche, mais c’est désormais quasiment tout le temps le cas depuis la fin de l’Unione et la réorientation au centre du PD).

Le maire sortant F. Pizzarotti est a priori largement favori du 1er tour, et battrait droite ou gauche au 2nd tour. Le candidat M5S serait balayé.

Vérone :

Ville intéressante car ce bastion de la Ligue du Nord a actuellement pour maire F. Tosi, qui a fait dissidence aux dernières régionales en Vénétie (obtenant 12 % des voix), et a depuis créé son propre parti, Fare! (Faire!), en vue de se rapprocher du centre-droit dans une logique de collaboration avec le PD de M. Renzi (il a à ce titre appelé à voter oui au référendum de décembre 2016).

F. Tosi ne se représente pas cette année et laisse la place à P. Bisinella. Elle devra affronter un candidat FI/LN/FdI, un candidat PD, et un candidat du M5S, en plus d’un nombre assez important de « petits » candidats.

Les trois candidats (Fare!, FI/LN et PD) se tiennent dans les sondages, avec un avantage pour les deux derniers. L’héritière de F. Tosi pourrait donc perdre le (seul) fief de son nouveau mouvement. Comme souvent en Vénétie, le M5S est en retrait.


Padoue et Tarante, parmi les grandes villes, seront également à observer.
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Re: la vie politique italienne

Messagede spinto » Dim 11 Juin 2017 14:40

Forte augmentation de la participation à midi aux élections municipales italiennes : 19,4 % des électeurs ont voté, contre 13,1 % il y a cinq ans. Une rupture qui semble nette avec la dégradation de la participation observée de façon assez régulière chaque année. A noter toutefois s'agissant de la comparaison avec 2012 que les électeurs italiens pouvaient encore voter le lundi matin à l'époque.

Dans le détail :

Gênes : 16,1 %

Palerme : 15,2 %

Parme : 18,9 %

Vérone : 18,2 %

Padoue : 22,2 %

Tarente : 17,5 %
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Re: la vie politique italienne

Messagede spinto » Lun 12 Juin 2017 23:02

Le sujet n'attire pas les foules, ce que je comprends bien volontiers au regard de l'actualité politique française. Mais la vie politique italienne est toujours un peu surprenante, et cela reste rafraichissant, alors voici les principaux résultats du 1er tour des municipales italiennes.

Concernant la participation, la poussée constatée à midi s'est finalement essoufflée au fil de l'après-midi, pour revenir vers des taux constatées ces dernières années pour des élections locales en Italie.

Globalement, ce 1er tour est avant tout présenté dans la presse italienne comme une grosse contre-performance pour le M5S, qui ne participera à aucun second tour dans les principales villes concernées (rappelons qu'il y a un an, le M5S gagnait Rome avec plus de 67 % des voix et Turin moins largement, mais à la surprise générale). La gauche se maintient, mais la seconde surprise est le bon score de la droite, qui avait eu la bonne idée de se présenter plus unie que lors des dernières élections.

Gênes

La droite pourrait créer la surprise et remporter ce bastion de la gauche dimanche prochain. Ce sont essentiellement les électeurs du M5S, qui subit un échec cuisant, qui trancheront :

M. Bucci (FI, LN, FdI...) : 38,8 %
G. Crivello (PD, SI) : 33,4 %
L. Pirondini (M5S) : 18,1 %
P. Putti (gauche du PD) : 4,9 %

Palerme

Réélection au 1er tour pour le maire sortant L. Orlando (soutenue par la gauche radicale jusqu'au centre-droit) grâce à une nouvelle législative sicilienne (absurde) qui permet l'élection dès 40 % des voix. Là encore, score très décevant pour le M5S, tandis que la droite regagne (un peu) de terrain dans ce qui était une zone de force avant la débâcle de Berlusconi au début des années 2010.

L. Orlando (Ind. soutenu par PD, AP, SI, PRC, IdV...) : 46,2 %
F. Ferrandelli (FI, UdC) : 31,2 %
U. Forello (M5S) : 16,3 %
I. la Vardera (FdI, LN) : 2,6 %

Parme

Pas de surprise à Parme : le maire sortant, ex M5S devenu indépendant, a mis une option sérieuse sur sa réélection, tandis que le candidat officiel du parti est laminé. Le candidat du centre-gauche n'est toutefois pas loin derrière. La droite retrouve quelques couleurs mais est uniquement porté par la Ligue du Nord dans cette ville pourtant traditionnellement modérée.

F. Pizzarotti (Ind.) : 34,8 %
P. Scarpa (PD) : 32,7 %
L. Cavandoli (FI, LN, FdI) : 19,3 %
D. Ghirarduzzi (M5S) : 3,2 %

Vérone

La candidate soutenue par le maire sortant F. Tosi s'offre un sursis en accédant au second tour face au candidat de la droite. Le résultat dépendra des reports du centre-gauche et du M5S. Ceux-ci devraient plutôt bénéficier à la candidate de Fare!, mais les seconds tours sont souvent déconnectés des premiers en Italie. Pas gagné, donc.

F. Sboarina (FI, LN, FdI...) : 29,3 %
P. Bisinella (Fare!) : 23,5 %
O. Salemi (PD) : 22,5 %
A. Gennari (M5S) : 9,5 %


A Padoue, la droite est bien partie pour conserver une mairie gagnée en 2014 (il s'agit d'une partielle : je n'ai pas retrouvé ce qui avait provoqué cette élection, mais la ville est actuellement gérée par une commission préfectorale). Elle a plus de 10 points d'avance sur le candidat du centre-gauche. Toutefois, un candidat indépendant a obtenu 22 % des voix : le choix de ces électeurs pourrait perturber le rapport de force.

Situation explosée à Tarante, avec un duel droite/gauche très ouvert. Les deux candidats ont respectivement obtenu 22,3 % et 17,9 % au premier tour.
Le candidat de droite peut a priori compter sur les reports du parti local de la Ligue d'action méridionale (droite populiste, 12,5 %), celui de gauche du report de trois candidats situés à sa gauche (9,8 %, 9,3 % et 8,2 %). Le M5S est à 12,4 %.
Une petite pièce sur le candidat de gauche au second tour, mais vraiment indécis.

Enfin, deux petites capitales régionales : Catanzaro devrait rester à droite, L'Aquila à gauche.
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Re: la vie politique italienne

Messagede spinto » Lun 26 Juin 2017 12:07

Le second tour des élections municipales s'est traduit par une forte poussée de la droite, qui s'est emparée de plusieurs bastions de gauche : Gênes, La Spezia, Pistoia, L'Aquila... Le centre-gauche ne sauve les meubles qu'à Padoue (un peu surprenant au vu du 1er tour) et Tarente. Fort de ce 1er succès depuis plusieurs années, S. Berlusconi en a profité pour annoncer (pour la combientième fois ?) son retour dans le jeu politique et se prépare à annoncer un programme de gouvernement dans la perspective des prochaines élections générales.

Le M5S n'avait pas grand chose à espérer de ce second tour mais parvient à conquérir la petite ville de Carrare, en Toscane.

Dans les candidatures hors grand parti, l'ex M5S F. Pizzarotti conserve sa mairie de Parme. En revanche, le mouvement Fare! de F. Toti ne parvient pas à conserver Vérone, reprise par la droite classique.
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Re: la vie politique italienne

Messagede spinto » Dim 30 Juil 2017 10:59

La préparation de l'élection régionale en Sicile, prévue le 5 novembre prochain, permet d'observer les stratégies qui se mettent en place dans la perspective des prochaines élections générales (premier semestre 2018), notamment à droite du spectre politique.

L'Alternativa popolare (ex NCD) d'A. Alfano s'éloigne de plus en plus de son alliance avec le centre-gauche de M. Renzi (tout en continuant de participer à la coalition gouvernementale au pouvoir), et propose un pacte à Forza Italia dès l'élection sicilienne, à la condition que cette alliance se poursuive aux élections générales et se fasse sans la Lega Nord (et son parti jumeau Noi con Salvini).
Pour l'instant, pas de réponse de Forza Italia, mais la proposition est tentante en Sicile : la Lega y est inexistante alors que le centre-droit y a encore quelques restes, et donc quelques points qui peuvent être cruciaux pour arriver en tête (le first-past-the-post s'appliquant aux régionales en Italie). La promesse concernant les élections générales n'engageant que ceux qui y croient - et surtout pas Berlusconi - Forza Italia pourrait toujours s'en laver les mains.
Ce d'autant plus qu'un candidat de droite s'est déjà déclaré, en la personne de N. Musumeci (routier de la politique sicilienne, issu de l'Alleanza nazionale puis passé par le petit parti la Destra - très à droite - lorsque l'AN s'est déporté vers le centre-droit). Il était déjà candidat en 2012, soutenu par le PdL berlusconien d'alors. Cette année, il a déjà reçu le soutien de Fratelli d'Italia, confirmant son ancrage à droite. Selon les derniers échos, non officialisé, Forza Italia serait sur le point de s'y rallier, s'ancrant sur une ligne dure. Peu surprenant connaissant le tropisme très à droite de la Sicile, mais pas certain que l'AP suive dans ce cas : propre candidature ? retour avec le PD (qui serait sans doute prêt à accepter ce revirement s'il peut ramener quelques précieux points) ? La droite a en tout cas retenu la leçon de 2012, où sa défaite était largement due à ses divisions (deux listes obtenant plus de 40 %, contre 30 % pour le centre-gauche vainqueur).

Le M5S a pour sa part désigné le même candidat qu'en 2012, et partira, comme à l'accoutumée, seul.

A la gauche du PD, les restes de la Rivoluzione Civile d'A. Ingroia présentent un candidat, O. Navarra. Sauf qu'il n'est pas certain d'avoir le soutien de L. Orlando, maire de Palerme qui avait soutenu la liste aux générales de 2013, désormais attentiste face à ce qui viendra du centre-gauche.
R. Crocetta, président sortant, proche du PD mais indépendant (il a son mouvement il Megafono depuis plusieurs années - avant son élection en 2012), a annoncé sa candidature pour mettre une pression sur le PD qui souhaite une primaire, avec dans le fond l'idée de le débrancher* et de mettre en place une alliance large allant de la gauche au centre-droit (comme pour les dernières municipales à Palerme). Le président du Sénat, P. Grasso, originaire de Sicile serait à la manoeuvre derrière même s'il a pour l'instant rejeté l'idée d'une candidature. Bref, l'hypothèse d'une double candidature du centre-gauche est loin d'être exclue à ce stade.

*je n'ai pas trouvé trace d'explications sérieuses sur le souhait du PD de ne pas poursuivre avec R. Crocetta, mais la vie politique sicilienne est méandreuse et souvent officieuse. Si quelqu'un a des infos.
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Re: la vie politique italienne

Messagede spinto » Sam 26 Aoû 2017 20:06

Plusieurs nouveaux éléments permettent d'y voir plus clair sur l'offre politique sur laquelle devront se prononcer les Siciliens le 5 novembre prochain (date confirmée). Il convient de rappeler que la précédent élection, fin 2012, avait permis d'entrevoir les prémices des évolutions politiques observées lors des élections générales italiennes de février 2013 (faiblesse de la droite, percée du M5S). Le timing étant le même avec la séquence qui s'ouvre, l'élection de novembre devra être suivie de près.

Le PD a tranché : il ne soutient pas le président sortant, R. Crocetta, qui a d'ores-et-déjà déclaré sa candidature (soutenu par son seul mouvement local, il Megafono). Le candidat choisi est F. Micari, actuel recteur de l'université de Palerme. Gros avantage pour M. Renzi, son profil lui a permis de conserver au local le soutien de l'Alternativa popolare, le parti d'A. Alfano qui menaçait de s'allier à Forza Italia. Face au risque que fait peser cette division du centre-gauche, R. Crocetta a proposé une primaire, avec (pour l'instant) une fin de non recevoir du PD. Le maire de Palerme, L. Orlando, figure titulaire de la gauche sur l'île, tient fermement la position de M. Renzi au niveau local (contrepartie du large soutien du centre et du centre-gauche qu'il avait obtenu aux dernières municipales ?) et tente de ramener derrière le PD les soutiens de R. Crocetta et de O. Navarra (candidat de la gauche du PD, soutenu par tous les dissidents de la ligne Renzi qui ont récemment quitté le PD).

A droite, en revanche, la situation n'est pas encore décantée. Les observateurs pensaient jusqu'il y a peu que Forza Italia allait rapidement se rallier à la candidature de N. Musumeci, ancien du Popolo della Liberta berlusconien et déjà soutenu par les Fratelli d'Italia de G. Meloni. Pourtant, S. Berlusconi avance désormais le nom de G. Armano, dans l'objectif de ramener dans son giron la Lega Nord et d'isoler G. Meloni, qui le prive de précieux points dans les sondages nationaux. Ce jeu de poker pourrait toutefois se terminer rapidement car les forces locales de Forza Italia feraient pression pour ranger tout ce petit monde derrière N. Musumeci, ce d'autant plus que le positionnement plus modéré de G. Armano ne permet plus, désormais, de s'assurer le soutien de l'Alternativa popolare.

Bref, à ce stade, cinq candidats :

O. Navarra : gauche du PD (les anciens du PRC et du PCI, et les nouveaux issus du PD : Movimento Democratico e Progressista, Sinistra Italiana, Possibile)
R. Crocetta : président sortant, soutenu par son mouvement il Megafono
F. Micari : centre/centre-gauche, soutenu par PD et AP essentiellement
G. Cancellari : M5S
N. Musumeci : candidat de droite "dure", soutenu par les Fratelli d'Italia

Je n'ai pas trouvé trace de sondages à ce stade (la situation n'est pas assez décantée de toutes façons pour qu'ils soient très fiables), et je ne m'avancerai pas sur un pronostic, notamment car je suis incapable de mesurer la popularité du président sortant. Mais, quelle que soit le niveau de cette dernière, cette double candidature du centre-gauche constitue un sacré handicap dans cette région qui penche très nettement à droite. Rappelons que, en 2012, la gauche n'était arrivée en tête (et n'avait remporté la présidence) qu'avec un peu plus de 30 % des suffrages.
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Re: la vie politique italienne

Messagede spinto » Dim 24 Sep 2017 18:17

Quelques nouvelles d'Italie :

Le M5S organisait ce weekend un grand rassemblement de ses partisans à Rimini, occasion d'annoncer le résultat de la primaire en ligne du parti dans la perspectives des prochaines élections générales qui devraient avoir lieu au 1er semestre 2018.
Sans surprise, Luigi di Maio, vice-président de la Chambre des députés depuis 2013, 31 ans et leader du courant "réaliste" (certains diront opportuniste), l'a emporté avec plus de 80 % des voix. Sans surprise puisque c'était le seul candidat d'envergure à se présenter. Représentant de l'aile de gauche du mouvement, Roberto Fico avait notamment décliné l'hypothèse d'une participation.

Cet absence d'enjeu par arrangement préalable, avec la main de Beppe Grillo derrière, a été fortement dénoncé dans les médias et sur les réseaux sociaux italiens, avec un certain écho parmi les partisans du M5S, ce qui explique probablement la participation faible au scrutin, avec seulement 37 000 votants (alors même que le M5S annonce 50 000 participants à son weekend à Rimini...).

* * *

L'idée d'une nouvelle loi électorale ressort finalement, avec un projet déposé par le PD, probablement après discussions préalables avec les partis de droite, qui le soutiennent. Le projet reprend les principes du Mattarellum en vigueur de 1993 à 2005, avec un scrutin mixte :
- une part des députés élue au scrutin uninominal à un tour ;
- une part élue à la proportionnelle, sur la base des résultats nationaux, mais dans le cadre de circonscriptions élisant 3 à 4 députés.

En revanche, alors que le Matterellum prévoyait que 75 % des députés (de mémoire, en tout cas une large majorité) étaient élus au scrutin uninominal, la proportion est presque inversée puisque le projet de loi prévoit que 64 % des députés seraient issus de la part proportionnelle.
Le Sénat serait également concerné par un mode de scrutin similaire.

Le M5S et les partis à gauche du PD sont contre ce projet. Le M5S serait effectivement la principale victime de la part majoritaire, se faisant dépasser par le PD et par la probable coalition FI/LN/FdI qui se mettrait en place avec ce mode de scrutin. En l'état, les voix de droite et du PD suffisent pour adopter le projet à la Chambre des députés comme au Sénat. A suivre, donc.

* * *

Enfin, le paysage politique s'est clarifié en vue des prochaines élections régionales siciliennes le 5 novembre prochain.

En premier lieu - et principalement -, le président sortant R. Crocetta s'est finalement retiré de la course, apportant son soutien au candidat désigné par le PD. F. Micari devient ainsi le candidat unique du centre et du centre-gauche.

A sa gauche, l'ensemble des mouvements et partis issus de l'ancien PCI ou dissidences plus récentes du PD se sont mis d'accord sur la candidature de Claudio Fava. O. Navarra précédemment désigné se retire donc à son profit. C. Fava est une personnalité politique un peu glorifiée par la gauche du PD sicilienne, bien que paradoxalement ses quelques victoires électorales aient toujours été liées au PD ou aux précédents partis de la gauche gouvernementale (élu député européen en 2004 sous les couleurs des Démocrates de gauche, élu député en 2013 sous les couleurs de Sinistra Ecologia et Liberta, alors allié au PD).

Enfin, à droite, N. Musumeci a désormais le soutien de Forza Italia, et donc de l'ensemble de la droite italienne, de l'UdC à la Lega Nord. Seul un autre candidat, indépendant issu de la lignée des partis italiens libéraux, se présente : Vittorio Sgarbi. Ses perspectives de succès sont assez limitées, mais il pourrait enlever de précieux points à N. Musumeci.

En effet, les sondages donnent ce dernier au coude-à-coude avec le candidat du M5S, autour de 35 % chacun. En dépit du retrait de R. Crocetta, le candidat du PD semble avoir un retard difficile à rattraper, aux alentours de 20 % des voix. La gauche de C. Fava serait en dessous de 10 %, et V. Sgarbi en dessous des 5 %.
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Re: la vie politique italienne

Messagede Eco92 » Lun 23 Oct 2017 13:58

La Vénétie et la Lombardie ont toutes deux voté en faveur de plus d’autonomie, conformément à la constitution italienne. Les scrutin sont une victoire pour la Ligue du Nord, parti xénophobe qui entend ainsi obtenir l'ensemble des "23 compétences" autorisées par la Constitution (ainsi que certaines sur l'immigration, qui ne sont pas comprises dans les textes) et un meilleur retour des recettes fiscales (le président de la région en réclame neuf dixièmes).

Le scrutin a été parfois comparé à celui des Catalans, c'est hasardeux. D'abord parce qu'il est reconnu par les deux parties, ensuite parce que le Ligue du Nord n'est plus indépendantiste et ne réclame pas cela. Pour compléter ajouter que ces consultations ne sont pas des référendums, et n'ont donc pas de valeur contraignantes.

Les scores sont cependant sans appel, pour être valide en Vénétie une consultation doit obtenir plus de 50% de participations, elle a réuni 57% de la population. La la Lombardie non (39%), mais il n'y a apparemment de seuil minimal là bas.

Dans les deux cas le score du oui est énorme. Pas étonnant, les opposants ont intérêt à ne pas voter plutôt que voter non, mais ça reste impressionnant car il obtient 98% en Vénétie et 95% en Lombardie. Difficile pour le gouvernement de l'ignorer, surtout dans le cas de la Vénétie. Précisons que la question était très consensuelle « Souhaitez-vous des formes supplémentaires et conditions particulières d’autonomie [pour la région] ».

Si la Ligue du Nord peut triompher localement, car nationalement cela ne l'arrange pas, le président du parti ayant tout fait pour gommer la ligne "régionale" pour se centrer sur une ligne anti-migrants, le M5S et Forza Italia (Berlusconi) avait aussi fait campagne pour le oui. Le Parti communiste appelait à l’abstention et le Parti Démocrate n'a donné aucune consigne, mais plusieurs ténors locaux, comme le maire de Milan, ont annoncé voter oui.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/23/en-lombardie-et-venetie-les-autonomistes-revendiquent-la-victoire_5204549_3214.html
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