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Dépenses Publiques

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Re: Dépenses Publiques

Messagede Draume » Mar 10 Jan 2012 16:40

Cher ami Kerxizor
La France administrative est un millefeuille complexe. … Certes oui, mais guère plus qu’à l’étranger (cf USA, Espagne, Italie, Allemagne…
Avec plus de six cents mille élus. …. Non moins de 550.000, mais moins vu le cumul.
Tous ces élus coûtent très cher à la collectivité... Faux, voir Vudeloin.
Beaucoup sont bénévoles. Vive la démocratie locale… sans élus. Bientôt un Parlement sans parlementaires à rémunérer. Pourquoi pas une justice sans juges à payer. Une République sans Président. Restez sérieux.
En imposant un regroupement des communes … suppression des communes… réforme de l'Intercommunalité plus ferme … ouah ce langage. Imposer. Avez-vous lu dans notre jeunesse Crozier et d’autres : on ne gouverne pas la société par décret…
Réduire le nombre de fonctionnaires territoriaux : à force de supprimer des postes, on arrive à une société où il n’y aura plus d’emplois, que des personnes fréquentant Pôle emploi (où il faudra embaucher). Un grand patron du privé proposait il y a 10 ans une évolution : l’entreprise sans salarié !
La suppression des conseils généraux s’impose d’elle-même. Cette structure n’a plus de raison d’être. … Loupé. Avez-vous remarqué que les textes de 1981/ 82 et 2003/2004 l’ont renforcé.
pas partage de compétences mais bien souvent des doublons inutiles…. Erreur. Cf rapport Perben à l’AN et De Perreti sur la mutualisation. Tarte à la crème de ceux qui croit savoir avant de fouiller.
La région avec ses compétences propres, s’est ajoutée aux départements. Elle doit les réunir et s’approprier l’ensemble des compétences des Conseils Généraux. Jacobinisme. Vous êtes dans le fond un pro Etat central divisé en 22
Elle devrait être dotée d’un « gouvernement régional »… République une et indivisible, cela vous dit qq chose dans la Constitution.
Leur nombre devrait être réduit à 8 au lieu des 21 ou 22 actuelles… Pendant qu’on y est, c’est 7 de trop.
L’assemblée régionale élue doit comporter bien moins de membres … Diriger à 30/35 des millions d’habitants… .
Un rapport du Ministère du Budget … comme si l’Etat est le plus à même de donner des leçons
Depuis 2003, il n’y a pas eu de transferts de compétences entre l’Etat et les collectivités … Et le RMI, les routes nationales, les 150.000 TOS lycées-collèges et DDE…
La disparition de structures administratives peut engendrer des libérations de locaux… Etes vous prêt à acheter des locaux d’un Conseil Général…
La modernisation des services par l’informatisation… comment on fait quand cela blogue, quand on a + de 70 ans, vive la gestion informatisée du RER A bloquée 3 heures, le coût démentiel de Chorus (au moins 5 Milliards) !
Ceci peut s’expliquer notamment par l’importance des frais de fonctionnement Les dépenses de fonctionnement … représentaient 66,2 % des dépenses des collectivités … Savez vous que les frais de fonctionnement représente 76 % dans le Budget de l’Etat (cf projet PLF 2012 page 187)
Qui prépare l’avenir : Les CT investissent 50 Milliards ; l’Etat pour le civil : 2, 5 Milliards !
Vous qui lisez les documents de l’Observatoire, remarquez que les intérêts de dette des CT en 2001 frisaient les 6 Milliards, pour 2011 juste 5 Milliards…. Comme gabegie, on a connu pire
nous dites que le déficit de la France vient de l'excès de dépenses publiques locales ?... Et si on parlait des cadeaux fiscaux (faire un chèque à Mammie l’Oréal), que Total (des milliards de bénéfices) paie si peu d’impôt en France.

Avant de lancer de nobles idées, regarder à 2 fois les pré-supposés

Amicalement
Draume
 
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Re: Dépenses Publiques

Messagede Kerxizor » Jeu 12 Jan 2012 04:20

"Autrement, vous n'avez pas répondu à ma question : quel est le premier poste de dépenses de l'Etat ?"


L'Enseignement et la Recherche pour 87mds d'euros.Voté fin 2010 pour l'année 2011. Merci au grand emprunt ?

"Et pour le coup, en bonus, quelle est la part des dépenses de santé dans le PIB en France et aux USA ?"

11,7% en France et 16,2% aux USA, et encore l'impact d'Obamacare est énorme pour la suite !

Qu'essayez vous de démontrer avec ces chiffres ?

J'ai passé trop d'années à examiner les rapports de la Cour des Comptes et de plusieurs Chambres régionales des Comptes pour ne pas me rendre compte des dérives du système actuel. La diminution drastique des dépenses de fonctionnement n'altèrera en rien les dépenses d'investissement ou même de solidarité...Je n'ai pas le temps de rentrer dans les détails mais nous y viendrons.

Quant aux prétendues "transferts de compétences" qui ont généré des alourdissement de charges, j'aimerais bien que vous me trouviez un seul rapport le mentionnant.'Aucune étude sérieuse ne l'a vérifié sur le temps. Par contre je connais une étude qui reconnait le nombre croissant de fonctionnaires territoriaux et l'impact insensé de leur nombre sur les comptes des CT.J'en connais au moins 3 de la CC et de l'IGF (2007) qui pointent la multitude d'aides publiques, leur inéquité, leur inefficacité qui grèvent les comptes publics et qui transforme notre tissu d'entreprises en guichet social.

La vérité c'est que les situations sont tellement diverses et complexes que personne n'ose s'attaquer à ce vrai problème et d'ou la nécessité pour moi de faire le ménage. Mais encore une fois on pourra entrer dans le détail plus tard.

Parcequ'e l'analyse objective de la situation ne vient en rien contredire ces propositions.
Et puis une dernière chose pour relancer la polémique : l'immense majorité des "'Practitiens de la Finance locale" comme vous écrivez et, je le crois de nos concitoyens, sont pour cette réforme territoriale telle que je la décris de manière générale.
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Re: Dépenses Publiques

Messagede Draume » Jeu 12 Jan 2012 08:44

Bonjour,
Vous ne lisez visiblement pas tout
Ignorez vous depuis des années les rapports de Juillet de l'Observatoire des Finances Locales
Vous qui scrutez tout ce que produit la Cour des Comptes , retrouver son rapport de l'automne 2009 sous l'autorité de P Séguin sur la décentralisation et son financement.
Vous y verrez qu'elle décripte des aspects différents des vôtres.
Le débat sera d'autant plus sain qu'li s'appuiera sur des données fiables, et non des a priori plaqués.
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Re: Dépenses Publiques

Messagede vudeloin » Jeu 12 Jan 2012 16:26

Intéressant, et je dois dire, d'ailleurs, que la réponse de Kerxizor ne me surprend pas le moins du monde.

Tout simplement parce que, depuis la loi organique sur les lois de finances de 2001 et la répartition du budget en missions, ce n'est plus l'Enseignement scolaire pas plus que la Défense qui viennent en tête des dépenses publiques...

Mais alors quoi, me direz vous ?.

Bonne question...

Eh bien, tout simplement, un « machin « qu’on appelle « Remboursements et dégrèvements », farci de crédits évaluatifs, dont le montant total, calculé pour 2012 à raison des évolutions de notre droit fiscal, se monte à rien moins que 84 883 085 000 euros…

Pas loin de 85 milliards de dépenses (somme à rapprocher éventuellement du déficit annoncé de 80,351 milliards d’euros) pour tenir compte des ajustements de notre droit fiscal sous forme de remboursements d’impôts et de dégrèvements divers.

Rentrons un peu dans le détail de ces sommes.

Deux programmes dans cette mission budgétaire : le premier, ce sont les remboursements et dégrèvements sur les impôts d’Etat.

Montant : 74 573 085 000 euros (le degré de précision de ces montants est relatif, puisqu’en matière budgétaire, la précision au millier d’euros est par nature imparfaite…)

Répartition :
Remboursement de la TVA : 49 256 605 000 euros
Remboursements sur l’impôt sur les sociétés : 10 596 021 000 euros
Prime pour l’emploi : 2 150 000 000 euros
Baisses ciblées de l’impôt sur les sociétés : 2 781 847 000 euros
Ajustements de la taxe sur les produits pétroliers : 910 736 000 euros
Mesures spécifiques sur l’impôt sur le revenu : 1 490 000 000 euros
Bouclier fiscal : 161 961 000 euros…

Le remboursement de TVA, c’est évidemment celui qui procède de la TVA dite déductible des achats des entreprises et qui constitue, d’ailleurs, une ressource de trésorerie non soumise à l’impôt.
Je rappelle, pour les non initiés, que l’impôt sur les sociétés, par principe, est calculé sur le chiffre d’affaires hors taxes de nos entreprises sous forme de société de capitaux, la TVA étant, comme on dit en droit fiscal, un « impôt neutre »…

On peut utilement rapprocher le montant du remboursement de TVA (affectant à la fois les entreprises et sociétés sous forme de sociétés de capitaux et de personnes) qui est donc de 49,256 milliards d’euros avec celui du produit attendu de l’impôt sur les sociétés en 2012, évalué pour sa part à 46,21 milliards d’euros.

Un signe évident, chacun en conviendra, de la charge fiscale insupportable qui pèse sur les entreprises de notre pays !

Un de mes amis, ancien directeur d’un centre des impôts, m’a défini un jour de la manière suivante les crédits de TVA : « ce n’est rien d’autre que du profit gratuit «.

Pour ce qui concerne l’IS, la première partie (environ 10,6 milliards d’euros) constitue l’ajustement des acomptes des entreprises, notamment avec les dispositifs bien connus de report en arrière des déficits sans limitation de durée.

Pour ceux qui l'ignorent sans doute, l'impôt sur les sociétés est en effet comme une sorte de compte en banque des entreprises auprès du Trésor Public qu'elles peuvent d'ailleurs faire varier à raison de leurs besoins.
Ainsi, si en 2011, une entreprise connaît un résultat fiscal déficitaire, elle peut demander le remboursement d'une partie de l'impôt payé les années précédentes, le déficit faisant l'objet du même taux que le profit.

La seconde partie (environ 2,8 milliards), celle des baisses ciblées de l’IS, couvre une part de la dépense fiscale IS, et notamment des mesures comme la défiscalisation de la première tranche de résultat fiscal des PME, l’exonération Corse ou encore les effets du crédit d’impôt recherche.

A noter toutefois que ces calculs n’intègrent aucunement la totalité de la dépense fiscale et des effets des mesures d’application de l’IS tels que la Cour des Comptes les a évalués.

Ainsi, on ne traite plus aujourd’hui dans le cadre de la dépense fiscale IS des effets du régime des groupes, qu’on peut aujourd’hui estimer à plus de 40 milliards d’euros de pertes de recettes fiscales, somme procédant notamment de la structuration juridique et comptable des groupes, pour tout dire de la pure optimisation fiscale.

De même qu’aucun calcul n’existe, a priori, sur le fait que l’ensemble des taxes prétendument assises sur les salaires (alors qu’elles n’en constituent qu’une traduction mutualisée) sont déductibles du résultat de l’entreprise, de même que sa contribution éventuelle au financement des collectivités locales par le truchement de la contribution économique territoriale.

Pour ce qui concerne la prime pour l’emploi, je ne reviens évidemment pas sur son montant (un peu plus de 2 milliards d’euros pour 9 millions de personnes concernées) mais sur un ajustement de la législation qui a fait rentrer les salaires perçus pour les heures sup’ défiscalisées dans les salaires sous plafond pour y prétendre.

Résultat bien connu : les salariés qui font des heures sup’ déclarées, depuis 2007, ne paient certes pas d’impôt sur le revenu sur la rémunération de ces heures mais touchent moins de prime pour l’emploi en contrepartie.

A noter que le RSA « complément d’activité » présente la même caractéristique que les heures sup’ et que son montant vient s’imputer sur le plafond de salaires retenu pour application de la PPE.

Les heures sup’ défiscalisées ne figurent pas en tant que telles dans l’estimation des crédits de la mission.

Les mesures relatives à l’impôt sur le revenu, ici regroupées, portent sur un certain nombre de niches fiscales, la plus fournie étant celle des emplois à domicile (1,29 milliard d’euros sur 1,49 au total).

Enfin, celles relatives à la taxe sur les produits pétroliers concernent, par exemple, la détaxe partielle du carburant des taxis…

Le second programme de la mission porte sur les impositions locales.

Il représente un volume de crédits évaluatifs de 10,31 milliards d’euros, dont 5,61 milliards consacrés aux remboursements et dégrèvements de contribution économique territoriale.

3,5 milliards d’euros sont ensuite consacrés aux allégements de taxe d’habitation en direction des redevables les plus modestes.

Bon, je ne vais pas épiloguer sur le thème (nous aurons d’autres messages pour ce faire) mais juste deux trois points sur le différentiel de dépenses de santé entre la France et les Etats-Unis, notre système de santé n’utilisant que 11,4 % du PIB pour se financer alors que les USA en sont à 16 %...

Un, la France a fait le choix de la protection sociale solidaire (les actifs bien portants payant pour les malades)
Deux, les USA privilégient la couverture individuelle, et il s’avère que le montant de dépenses est plus élevé, affirmant par là même la supériorité du modèle français de couverture collective et solidaire sur le système assurantiel.
Trois, la question posée est aussi celle du poids des dépenses publiques.
Les dépenses de santé étant largement socialisées en France, elles sont, aussi largement, intégrées dans le volume des dépenses publiques, volume que beaucoup critiquent en mettant justement en avant le modèle US.
Sauf que la dépense publique de santé aux USA, c’est Medicare et Medicaid, c'est-à-dire l’équivalent local de la CMU.
La comparaison devrait donc se faire, réimputation faite du montant des dépenses financées par le modèle assurantiel…

Dernier point : on peut aussi juger de l’efficacité de la dépense à raison des résultats atteints.

En France, l’espérance de vie en 2011 est de 78 ans pour les hommes et 84 ans et demi pour les femmes.

Aux USA, l’espérance de vie est d’environ 76 ans pour les hommes ( cinq ans de moins pour les Noirs) et 81 ans pour les femmes.
Nous sommes classés 6e dans le monde de ce point de vue, les USA 33e, derrière des pays comme Chypre, la Bosnie ou la Jordanie et presque à égalité avec l’Albanie ou Cuba.

S’il fallait prouver que la dépense publique est le mode le plus efficace pour ce qui concerne le financement de la santé, je crois que nous aurions là quelque élément de preuve.

Le pire, c’est que le mauvais état sanitaire d’une bonne part de la population états – unienne est, aussi, un handicap pour l’emploi et la croissance aux USA.

On ne travaille pas efficacement quand on est mal soigné !
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Re: Dépenses Publiques

Messagede ligerien » Ven 13 Jan 2012 17:42

Ce qui devait arriver, arriva : http://www.lemonde.fr/crise-financiere/ ... id=1626411

Dette souveraine française : AAA --> AA (chez Standard & Poors)

Coup dur pour Nicolas SARKOZY qui a beaucoup investi sur le sujet ces derniers mois.
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Re: Dépenses Publiques

Messagede ligerien » Lun 16 Jan 2012 15:01

Ce matin à la radio, bon mot de Jean-Pierre JOUYET, ex Ministre des relations européennes de Nicolas SARKOZY, désormais patron de l'Autorité des Marchés Financiers, poussé dans ses retranchements par le journaliste souhaitant le faire critiquer le "paquet fiscal" de 2007 dans le contexte du AA+, Jean-Pierre JOUYET a finalement qualifié le paquet fiscal de contracyclique.
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Re: Dépenses Publiques

Messagede vudeloin » Lun 16 Jan 2012 19:03

Mais le fait est que le paquet fiscal était contracyclique et qu'il visait, entre autres, à donner une certaine impulsion à la croissance économique, puisque les heures sup' étaient conçues comme le moyen d'accroître la production, le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt le moyen de fluidifier le marché de l'immobilier et les allégements sur donations et successions, comme le relèvement du taux du bouclier fiscal, le moyen d'accroître les disponibilités de certains ménages pour investir en faveur de l'emploi et du développement des entreprises !
Notons d'ailleurs, avec intérêt, que le paquet fiscal représentait plusieurs milliards de dépense fiscale ( et non budgétaire ) nouvelle, destinée à favoriser la croissance...

Manque de chance, la dépense fiscale, surtout celle ci, ne favorise que la croissance des patrimoines et ce qui est resté du paquet fiscal de la loi TEPA est une fiscalité du patrimoine allégée, un marché immobilier plombé par la spéculation (le crédit d'impôt sur les intérêts étant utilisé par le secteur pour se dispenser de réduire les prix) et une subite poussée de déclaration d'heures sup' venant rentrer en conflit avec l'embauche d'intérimaires ou de nouveaux CDI.
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Re: Dépenses Publiques

Messagede Kerxizor » Ven 27 Jan 2012 06:14

Ainsi que Vudeloin me l'a aimablement demandé, je reviens à mon sujet. Pour continuer le débat, je souhaiterais commencer par dresser un tableau plus large de la situation du pays, la logique du raisonnement qui en découlera sera bien plus limpide.

La loi de finances de l’année 2010 prévoyait un déficit de 122 milliardsd’euros qui s’est élevé à plus de 150 milliards d’euros à la fin de l’exercice. Ceci montre que le budget n’est pas maîtrisé. L’État emprunte plus de 200 milliards d’euros chaque année pour faire face à l’amortissement de la dette et au déficit de l’année précédente. Aux besoins de l’État s’ajoutent ceux des collectivités locales et des régimes sociaux, avec un déficit de la Sécurité sociale de 30 milliards d’euros. En conséquence, la dette publique s’accroit constamment : elle a doublé en quelques années, atteignant aujourd’hui 1 640 milliards d’euros. Si l’on y ajoute les engagements hors bilan - avec notamment la provision à constituer pour payer les retraites des fonctionnaires -, elle dépasse 2 400 milliards, soit 40 000 euros par habitant.

Cette situation est souvent imputée à la grave crise actuelle. En fait, cette dérive a commencé en 1974 avec le premier choc pétrolier : le prix du pétrole fut alors multiplié par trois en quelques mois. Tous les pays ont réagi en réduisant leur train de vie et en s’adaptant. Pas la France. Nous avons continué comme si rien ne s’était passé. Nous avons commencé à vivre au-dessus de nos moyens et à nous endetter.

La question qui nous est posée est comment sortir de cette situation ? Il est quand même incroyable qu'aucun membre de l'élite journalistique présente sur le plateau de Frane 2 n'ait posé cette question au candidat socialiste et, plus grâve encore, au ministre d'Etat. Tout début de commencement d'articulation programmatique devrait commencer par cette question à triple conjonction de coordination : Comment sortir de la spirale de la dette, et des déficits publics, et créer des emplois ?

Vous qui aimez l'histoire, Vudeloin, vous vous souvenez probablement de cette phrase : « L’État n’est pas la solution, c’est le problème ». Elle nous vient du meilleur Président des Etats-Unis, un homme que vous devez plus apprécier pour ses performances cinématographiques que pour sa "tenure as President", Ronald Reagan. J'ai évidemment d'autres modèles en tête, comme Margaret Thatcher en Grande-Bretagne. Mais je pense que la période qui devrait s'imposer comme une référence pour notre avenir est la période 1959-1971, l'une des seules périodes durant laquelle les déficits ont été réduits.

La théorie que je défends, et qui reprise sous cette forme par de (trop peu) nombreux amis politiques, ou simples citoyens est la suivante :

• Pour réduire le chômage et créer des emplois, il faut de la croissance : une croissance forte et durable.
• Pour retrouver de la croissance, il faut des entreprises compétitives, capables d’investir, d’innover, d’exporter.
• Pour disposer d’entreprises compétitives, il faut réduire les impôts.
• Pour réduire les impôts, il faut réduire les dépenses publiques.

Alors le sujet est les dépenses publiques. Concentrons nous sur ce point précis. En France, les dépenses publiques s’élèvent à 56 % de notre PIB contre 48 % en Allemagne : elles sont supérieures de 150 milliards d’euros à celle de l’Allemagne, comme le reconnaissait Nicolas Sarkozy lui-même en janvier 2009. C'est ce que le journaliste chauve a présenté à François Hollande, qui n'avait pas l'air d'avoir la moindre idée sur le sujet. Bien embêtant, quand on sait que l'ensemble des collectivités territoriales sont une partie du problème. Enfin, restons sur le sujet.

150 milliards d’euros : tel doit être l'objectif de réduction des dépenses publiques, ce qui correspond à 7,5 points de PIB. C’est parfaitement réalisable. D’autres pays l’ont fait. Citons une réduction des dépenses de 8,5% du PIB en 5 ans pour la Norvège, de 9% pour le Canada et de 11% pour la Suède, la Finlande et l’Irlande. Ce qui est indispensable, c’est un État fort exerçant convenablement ses fonctions régaliennes. D’importants gisements d’économies existent. D’où la nécessité de tailler dans les dépenses publiques en s’attaquant à tous les gaspillages.

Maintenant vient la partie ou j'égrène la longue liste des réformes à entreprendre, je n'en retiendrais que quelques unes, sinon ce débat deviendra aussi indigeste qu'un livre de Tocqueville.

Ramener les Coll.locales à 2 niveaux :

Réforme profonde mettant fin à cet empilement et aux compétences croisées. On ne retiendra que 2 niveaux en définissant pour chacun des compétences précises. Le premier niveau doit être fondé sur la commune avec d’éventuels regroupements. Le second niveau correspond à une structure unique et une seule que se soit le département ou la région, ou une entité nouvelle résultant de la fusion de départements ou de régions. Après avoir revu les structures, il faudra diminuer les subventions de l’État, notamment celles accordées aux collectivités locales qui dépensent le plus.L’objectif est de réduire de 15 % ces dépenses, soit de 30 milliards d’euros.

Diminuer le nombre de fonctionnaires :

En France, la fonction publique correspond à 25 % des actifs contre 15 % et même moins, aux États-Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne. La différence (2 millions de fonctionnaires en moins) représente une économie de 80 milliards d’euros de salaires par an, sans compter les pensions. Nos propositions portent sur une réduction d’effectif de 35 000 par an, soit 175 000 en 5 ans. L’économie s’élèverait à 8 milliards d’euros. Cette diminution d’effectifs ne s’appliquerait pas uniformément pour ne pas affaiblir les fonctions régaliennes essentielles de l’État.
(Il faudra aussi remettre en cause le statut de la fonction publique : le sacro-saint statut Thorez de 1946. Nous devrons alors nous rapprocher de ce qui existe chez nos voisins, notamment en Allemagne et en Italie. Dans ces deux pays, le statut des fonctionnaires, tel que nous le concevons, s’applique aux militaires, aux policiers, aux magistrats, en fait aux fonctions régaliennes. Ils ont la garantie de l’emploi, mais ils n’ont pas le droit de grève.)

Je viens donc de trouver plus de recettes que le programme présenté hier , pas mal non ? Alors Vudeloin, quelles sont les propositions du Kominterm ? ;)
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Re: Dépenses Publiques

Messagede Draume » Ven 27 Jan 2012 14:29

Kerxizor
L’État emprunte plus de 200 milliards chaque année.
Vrai, mais pour en rembourser 120. Donc l’endettement ne s’accroît que de 80.

… avec un déficit de la Sécurité sociale de 30 milliards.
Faux 19,7 (LFSS 2012)

Si l’on y ajoute les engagements hors bilan - avec notamment la provision à constituer pour payer les retraites des fonctionnaires
Vraie question : doit on provisionner une dette à décaisser dans 2, 3, 4 ans ? Est-ce que vous provisionnez l’emprunt de votre maison à rembourser en 2014, sans mettre en face vos recettes 2014 ?

Nous avons commencé à vivre au-dessus de nos moyens
Moi, je n’ai jamais vécu, durant 36 ans de travail, au dessus de mes moyens. Les 15 premiers patrimoines français, oui, qui cumulent à 126 Milliards d’e 5 % de plus, ce ne serait pas trop leur demander. Vous n’en parlez jamais.

Elle nous vient du meilleur Président des Etats-Unis, Reagan.
Ce n’est ni l’opinion des américains, ni de l’histoire : pour le 20° siècle, merci pour Roosevelt, Ike et Kennedy

• Pour disposer d’entreprises compétitives, il faut réduire les impôts.
Et augmenter ainsi les profits des riches rentiers qui n’apportent aucune valeur ajoutée comme Ma Bettencourt.

• Pour réduire les impôts, il faut réduire les dépenses publiques. Et la justice fiscale

Le sujet est les dépenses publiques.
Savez- vous que dans un budget, on parle aussi des recettes.

D’importants gisements d’économies existent. I
ls sont tellement importants, que vous ne citez qu’une piste : moins de fonctionnaires.

Réforme profonde mettant fin à cet empilement… Le premier niveau doit être fondé sur la commune avec d’éventuels regroupements.
Eventuels : loi du 16-12-2010 les rend obligatoires

Diminuer le nombre de fonctionnaires : La différence (2 millions de fonctionnaires en -).
Question digne de l’ENA : Comment supprimer 2 Millions d’agents quand l’Etat n’en rémunère que 1,934 (dont 293.000 dans les armées, 280.000 au ministère de l’intérieur et 77.000 à la justice).
Loi Finances 2012. Dépenses de personnel (y compris pensions) 130 Milliards pour 1,934 Millions d’agents. Coût unitaire : 67.200 e.
Pour économiser 80 Milliards an, il faut supprimer 1,2 Millions de postes. Donc n’en garder que 744.000. Les régaliens (cf ci-dessus) : 650.000.
Resterait que 100.000 agents pour l’enseignement primaire, secondaire et supérieur. Qui fera l’école ?

Nos propositions portent sur une réduction d’effectif de 35 000 an, soit 175 000 en 5 ans. L’économie 8 milliards.
Faux 35.000 par an donne 2,4 Milliards an

Il faudra aussi remettre en cause le statut de la fonction publique : le sacro-saint statut Thorez
et De Gaulle

Je viens de trouver plus de recettes que le programme présenté hier, pas mal non ?
Non, vous n’avez trouvé que des économies de dépenses. Ne confondez pas.

Quelles sont les propositions du Kominterm ?
Non, de Wall Strett

A force de plaquer une idéologie, on est dans l’irréel, dans des estimations erronées.
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Re: Dépenses Publiques

Messagede vudeloin » Ven 27 Jan 2012 15:30

Il est vrai que l'on pourrait aussi demander aux chefs d'entreprise du privé de provisionner les retraites de leurs salariés qui leur seront versées dans trente ou quarante ans...
Cela risquerait de faire beaucoup d'engagements hors bilan.
Cette idée de la provision des retraites du public est vraiment la plus remarquable fumisterie que j'ai pu lire !
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