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Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Forum de discussion dédié aux élections sénatoriales de septembre 2011 et au renouvellement pour la première fois d'une moitié du Sénat français.

Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede SALVAT » Jeu 29 Sep 2011 15:50

il écrit bien et vite...le bougre et puis quelle capacité à croiser les chiffres, pourcentages , tout en nous faisant promener dans la France des villes et quartiers ou profonde avec le château ici et le four à pain restauré de l'autre !
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede pba » Jeu 29 Sep 2011 16:13

Brillante analyse de Vudeloin.

Ce qu'il dit de l'évolution sociologique de la composition des équipes municipales dans les zones rurales est tout à fait exacte.
Je ne crois pas, cependant que l'évolution dans les zones urbaines soient si éloignées.
Peut on dire que" Bien sûr, sur Paris ou la petite couronne, les choses sont simples et l’on peut définir avec une marge d’erreur infime ou, pour le moins, très réduite, quel est le rapport de forces potentiel.

Que ce ne soit pas celui observé met en évidence à mon avis deux choses : d’une part, que la campagne électorale peut avoir un effet sur le comportement des électeurs et d’autre part, met en évidence que l’affaire peut aussi se régler « en coulisses « dans le cadre de transferts de voix inavouables et toujours faisables ; notamment dans un mode de scrutin où l’électorat à « faire bouger « est quand même assez réduit."?

Je dirais que même en Petite couronne, les équipes sont moins encartées politiquement et plus représentatives de la population que dans les mandatures précédentes.
Connaissant bien les élus de ma commune, je ne suis sûr de leur vote que pour 2/3 des conseillers de droite et 80% de ceux de gauche. Il est vrai que je parle du vote lui-même, et non du "camp "auquel il se rattache, qui est invariable.Ceci rend sans doute plus aléatoire et plus limitée les "transferts de voix inavouables ".
L'influence des EPCI est aussi déterminant en petite couronne. On apprend à connaitre ainsi des collègues des autres communes et les maires vice présidents de ces EPCI.
Comme je l'avais subodoré, ce dernier point a joué pour pas mal dans le vote du 92, en faveur de Hervé Marseille et Denis Badré, pas tant comme membre de leurs partis respectifs que vice -présidents de l'Agglo dite GPSO.

Cette agglo réunit 240 conseillers municipaux de droite et du centre et 119 délégués de la droite et du centre , soit un potentiel de 359 voix sur le total de 1375 sur l'ensemble du département (26%). je pense qu'il y a eu une "petite transgression "d'élus plus proches de l'UMP qui se sont laissés tentés par un vote centriste, par une sorte de réflexe comparatif.
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede vudeloin » Jeu 29 Sep 2011 17:20

Pour être clair, et d'après une source locale, il semblerait notamment que Neuilly sur Seine, pour la majorité, ait adopté la règle des trois tiers : un tiers Badré, un tiers Marseille, un tiers Gautier.
Gautier qui aurait fait un score intéressant sur son secteur ( Garches, Rueil Malmaison, Boulogne entre autres ) et a bénéficié, comme prévu, de l'effet repoussoir de la candidature d'Isabelle Balkany.

Un vote Hauts de Seine Nord contre Hauts de Seine Sud, donc, apparemment...
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede vudeloin » Sam 1 Oct 2011 11:18

Une autre manière de regarder le résultat des sénatoriales 2011 est de constater où en sont les rapports de forces régionaux, quant au découpage administratif et politique de notre pays.

Nous commencerons par la situation de l'Outre Mer, appréhendée de manière globale.

La gauche dispose des 2 sièges de la Guyane, des 2 sièges de Martinique, des 3 sièges de la Guadeloupe ( gain de 2 élus cette année ), de celui de Saint Pierre et Miquelon ( gagné cette année ), de 2 sièges à la Réunion, d'un siège à Mayotte ( deux gains cette année ) et d'un des élus de Polynésie, soit un total de 12 sièges, avec une progression de 5 sièges cette année.

On y compte un élu PCR, 4 élus PS avérés et 7 DVG.

La droite dispose des deux sièges de Saint Martin et Saint Barthélemy ( véritable anomalie législative, au fond ), de deux sièges à la Réunion, d'un siège à Mayotte, des deux sièges de Nouvelle Calédonie, d'un siège en Polynésie et du siège de Wallis et Futuna, soit un total de 9 sièges, au lieu de 13 avant ce renouvellement, ce qui signifie clairement que la gauche a, enfin, inversé le rapport des forces sénatorial dans l'intergroupe ultramarin.

8 de ces sièges sont UMP et un non inscrit.

( pour ceux qui auraient du mal à faire les plus et les moins, je rappelle tout de même que la droite a compensé une de ses cinq pertes avec le second siège calédonien ).

Et que les variations ultramarines ont été déterminantes dans le résultat final.

Retour en Métropole, après avoir noté que la Corse, non concernée par le renouvellement 2011, reste fidèle à la gauche avec ses deux sénateurs PRG.

L'Alsace, largement contrôlée par la droite, n'était pas plus concernée par ce renouvellement et garde donc 2 sénateurs de gauche (PS) et 7 de droite (dont 1 GM).
La Bourgogne n'avait qu'un département en jeu, la Nièvre et les rapports de forces n'ont donc pas varié, avec la réélection des deux élus PS qui donne 4 sénateurs à la gauche contre 6 à la droite.

En Champagne Ardennes, où Marne et Haute Marne étaient en jeu, pas de changement : la gauche demeure privée de représentation sénatoriale, avec un monopole de la droite sur les 9 sièges représentant les quatre départements de la Région.

En Franche Comté, où seul le Jura était en jeu, on a vu, de par le comportement des élus Verts, que la situation n'avait pas changé, avec 5 élus de gauche ( 4 PS, 1 MRC ) contre 3 élus UMP.

En Lorraine, la gauche, en perdant un siège en Moselle, se retrouve avec 4 élus contre 9 de droite, les résultats de cette année masquant assez mal la progression en voix, notamment sensible dans la Meuse ( où le PS a fait plus de 40 % au second tour ), mais aussi en Meurthe et Moselle ( gain de plus de 150 voix sur 2001 ), et même en Moselle ( gain de près de 140 voix de la liste d'Union PS PCF ).

Allons au Nord.

Dans la région Nord Pas de Calais, la gauche a gagné un siège dans chacun des deux départements, puisque nous comptons désormais 3 sénateurs PCF , 8 PS et 1 EELV, soit 12 élus contre 6 de droite et du centre, avec 1 Modem, 1 Nouveau centre, 1 NI et 3 UMP dont 1 non officiel...

En Picardie, le gain par le PS du quatrième siège de l'Oise donne un 3e élu à une gauche qui fait encore face à 7 élus de droite et du centre, faisant de la région l'une de celles où le décalage entre représentation sénatoriale et réalité politique est le plus net.

La gauche contrôle en effet les trois conseils généraux et le conseil régional.

La Haute Normandie n'était pas concernée par l'élection de cette année et elle garde donc ses 3 élus de gauche face à 6 élus de droite ( même observation que pour la Picardie ).

La Basse Normandie, pour sa part, a réélu son unique sénateur de gauche ( Jean Pierre Godefroy dans la Manche ), accompagné d'une délégation de 7 sénateurs de droite et du centre, même si elle comporte notamment l'atypique Nathalie Goulet, réélue avec des voix de droite, du centre et de gauche face au candidat du Président du conseil général...

Dans la région Centre, excellent paramètre des évolutions politiques dans notre pays, la droite ne risquait rien sur l'Eure et Loir (3 élus UMP), le Cher (2 UMP) et l'Indre (idem) puisque ces 7 sièges n'étaient pas concernés par le renouvellement.

Mais le Loiret a réélu le «  miraculé «  Jean Pierre Sueur ( 1 PS, 2 UMP), l'Indre et Loire a bouclé la boucle en éliminant son dernier sénateur de droite ( 1 PCF, 2 PS) et le Loir et Cher a bouté hors du Sénat l'ambitieux Maurice «  Momo «  Leroy (1 PS, 1 Modem), soit 5 élus de gauche, 1 Modem et 9 UMP pour la Région.

Avant le renouvellement 2001, la totalité de la délégation sénatoriale du Centre était à droite.

En Pays de Loire, la gauche ne pouvait escompter aucun gain en Sarthe ( 3 UMP ) et en Vendée ( 1 UC, 2 villiéristes ), non concernés par l'élection.

En Mayenne, après un second tour surprise en soi, les 2 UC sont réélus même si le score de Michel Angot montre que la gauche dispose désormais d'une certaine audience ( et que cela ne se limite pas au fait d'avoir conquis la mairie de Laval ).

Par contre, en Loire Atlantique et dans le Maine et Loire, on décompte désormais 3 élus PS et 2 EELV, face à 3 UMP et 1 UC – Nouveau centre.

Un rapport 5/12 donc entre gauche et droite qui traduit encore assez mal des évolutions de plus en plus nettes de la Région vers la gauche ( le Conseil régional est resté à gauche en 2010 et les cinq villes Préfectures sont toutes de gauche également ).

La grosse affaire, ceci dit, c'est peut être la Bretagne, parce que là, avec ce qui vient de se passer dans le Morbihan, la gauche se retrouve avec 12 sénateurs et sénatrices, face à 2 élus UMP, le rapport 10/4 déjà peu favorable à la droite s'étant donc encore dégradé.

On peut penser que la gauche finira par prendre le conseil général du Morbihan et que ce département rejoindra donc les trois autres sur la pente naturelle de la Région, à condition toutefois que le renouvellement des générations d'élus soit correctement mené.

Le Poitou Charentes, où la gauche ne peut encore compter que sur les 2 élus charentais ne votait pas cette année.

Même remarque pour le Limousin où la gauche est déjà en situation de monopole, avec la totalité des 6 élus.

En Auvergne, la perte par la droite du siège Puydômois donne pour l'heure 5 élus à la gauche (1 PCF, 3 PS, 1 PRG) contre 4 à la droite (1 apparenté UMP, 1 PRV, 2 UC) et permet donc l'inversion d'un rapport de forces où l'UMP est de plus en plus faible.

En Rhône Alpes, l'Ain ( 2 PS et apparentés, 1 PRV ), le Rhône (2 PS, 1 PCF, 2 UC, 2 UMP), la Savoie (1 PS, 1 UMP), la Haute Savoie (2 UMP, 1 UC), la Drôme (3 PS) et l'Ardèche (2 PS) ne votaient pas, laissant donc assurés 11 sièges de gauche et 9 à droite et au centre.

La perte d'un siège par la droite dans la Loire (2 PS, 1 PCF, 1 UMP) et le gain du cinquième élu de l'Isère par la gauche (2 PS, 1 PCF, 2 UMP dont 1 dissident) permettent à la gauche de creuser l'écart avec 17 élus sur la Région contre 12 à droite et au centre.

La Région PACA ne votait pas, et les rapports de forces n'ont donc pas varié : Alpes de Haute Provence (1 PS), Hautes Alpes (1 NI), Alpes Maritimes (1 PS, 4 UMP), Var (1 PS, 3 UMP), Vaucluse (1 PS, 2 UMP) et Bouches du Rhône (1 PCF, 4 PS, 3 UMP), soit 9 sièges à gauche et 13 à droite.

En 2014, toute la Région votera d'un bloc et l'on verra bien...

En Languedoc Roussillon, ne votaient pas l'Aude (2 PS), le Gard (2 PS, 1 UMP), l'Hérault (1 PS, 1 DVG, 2 UMP), soit 6 élus de gauche et 3 de droite.
Le basculement de la Lozère et le gain d'un siège en Pyrénées Orientales permettent à la gauche de compter désormais 8 élus contre 4 de droite, au lieu d'une égalité parfaite à 6 partout.

En Midi Pyrénées, pas de bouleversement non plus, avec une confirmation des rapports de forces existants en Hautes Pyrénées et dans le Lot, les seuls départements concernés cette année.

L'UMP ne compte toujours que deux élus sur la région, avec Alain Châtillon en Haute Garonne et le duc de Montesquiou dans le Gers et tous les autres sièges sont à gauche : le siège de l'Ariège, un de l'Aveyron, deux de Haute Garonne, un dans le Lot, un en Hautes Pyrénées et deux dans le Tarn pour le PS, soit 8 élus ; un élu en Aveyron, deux en Haute Garonne, un dans le Gers, un dans le Lot, un dans les Hautes Pyrénées et deux dans le Tarn et Garonne pour le PRG, soit 8 élus également.

En Aquitaine, les deux sénateurs PS de Dordogne et les 6 élus de Gironde ( 3 PS, 3 UMP) ont été les spectateurs de la réélection des 2 élus PS des Landes, et du succès de la gauche en Lot et Garonne (1 élu PS, 1 élu UC) et en Pyrénées Atlantiques (2 PS, 1 Modem) qui donnent 10 sièges à gauche sur la Région contre 5 à droite et au centre.

Au lieu d'un rapport 8/7.

Le lecteur attentif aura noté que j'ai gardé l'Ile de France pour la fin, d'autant que la région votait en totalité.

En Seine et Marne, statu quo à 3/3 mais avec une gauche dont la liste principale arrive en tête de l'élection, véritable innovation dans le paysage politique local.

Dans les Yvelines, la gauche est à 2/4, la liste PS Verts ayant compensé son refus d'accepter une présence du PCF, au demeurant légitime, par un effondrement des centristes qui disparaissent du paysage d'un département où ils ont tout de même eu une certaine influence historique.

Les élus de Versailles et de l' agglomération Versailles Grand Parc semblent avoir fait le choix du vote utile en faveur de la liste Larcher, une dispersion sur les listes centristes ayant sans doute fait courir le risque du troisième élu à gauche.

Dans l'Essonne, statu quo et gaspillage de l'opportunité d'un quatrième élu à gauche qui aurait été la plus belle sanction des divisions de la droite.

Dans le Val d'Oise, statu quo, là encore, avec un fort gain de votes pour la gauche ( plus de 100 voix sur la liste d'Union au regard de 2004 ).

Notons que si Argenteuil a compliqué la vie de la gauche aux élections cantonales de mars, elle lui a facilité les choses en septembre !

Dans la petite couronne, si Philippe Dallier ne s'abstient pas de suivre les consignes nationales de l'UMP ( pas de coup aux centristes, pour être clair ), la gauche gagne trois sièges.

Elle doit se contenter des deux élus EELV de plus dans les Hauts de Seine et le Val de Marne.

Enfin, Paris a confirmé son ancrage à gauche, avec 8 élus sur 12 ( je me souviens encore d'une époque où Claude Estier était le seul sénateur parisien de gauche ), même si nous avons vu que cela s'est joué à un cheveu sans doute arraché sur la tête d'Yves Pozzo di Borgo !

La prochaine fois, Daniel Vaillant se débrouille pour passer au premier tour et la droite lâchera l'un de ses quatre derniers sénateurs...
La même remarque vaut d'ailleurs pour les 13e et 20e arrondissements, contraints à un second tour en 2008 pour une poignée de voix...

Ceci posé, la gauche est devenue majoritaire en Ile de France avec 7 élus PCF, 6 EELV et 17 PS ( dont 1 dissident très «  organisé « ), soit 30 élus.

Tandis que la droite dispose de 19 élus UMP ( dont quelques dissidents très organisés eux aussi ), 1 PRV, 3 Nouveau centre, soit 23 sièges.

La situation antérieure donnait 26 sièges à gauche et 27 à droite, avec une ventilation différente ( le PCF comptant 9 sièges et les Verts 3 à gauche, le courant centriste ayant perdu son siège des Yvelines et celui du Val de Marne de l'autre côté, pour ne regagner que le siège de l'Essonne ).

L'Ile de France connaît donc un bénéficiaire net de l'union de la gauche ( EELV ), la victime d'une trahison et de la magouille ( le PCF ), mais aussi un coupable sanctionné par le suffrage universel ( l'UMP, qui passe de 22 à 19 élus et perd nombre de voix sur le précédent scrutin ).

Aller plus haut pour la gauche francilienne nécessitera sans doute de se renforcer en grande couronne et de confirmer et conforter les positions acquises en 2008 sur Paris et la petite couronne.
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede vudeloin » Dim 2 Oct 2011 10:24

Pour mesurer le chemin parcouru par la gauche depuis deux décennies, il n'est sans doute pas inutile de croiser le message précédent avec la situation du Sénat après le renouvellement 1992 qui, pour une partie, recouvrait celui qui vient d'avoir lieu, en l'occurrence les Sénateurs de l'ancienne série B, courant de l'Indre et Loire aux Pyrénées Orientales.

En Alsace, la droite disposait du monopole de la représentation parlementaire et des 7 sièges de sénateur.
Le passage à la proportionnelle aura donc permis que la gauche occupe les deux nouveaux sièges et que la délégation alsacienne soit moins monocolore.

En Lorraine, seule la Moselle comptait deux sénateurs PS, tandis que droite et centre se partageaient les 11 autres mandats, les changements ayant donc affecté la Meurthe et Moselle avec la modification du mode de scrutin, plus favorable à une juste représentation des courants politiques.

En Franche Comté, la gauche ne pouvait compter que sur le siège du Territoire de Belfort, alors occupé par Michel Dreyfus Schmidt, tandis que Haute Saône, Jura et Doubs donnaient 7 élus à la droite et au centre.

En Bourgogne, la gauche ne pouvait encore opposer que les deux sièges de la Nièvre face aux 8 élus de droite des autres départements.

En Champagne Ardennes, comme aujourd'hui, la totalité des 9 mandats était détenue par la majorité de droite et du centre.

Situation identique en Picardie, où les 9 mandats de sénateur étaient dans les mains de la droite et du centre même s'il pouvait arriver au docteur Lesein, suppléant de Jacques Pelletier, de voter, parfois, avec la gauche.

Dans le Nord Pas de Calais, la gauche disposait de 5 sièges dans le 62 et de 6 sièges dans le 59, soit un de moins qu'aujourd'hui.

C'est là la première Région où la gauche avait la majorité des sièges.

En Haute Normandie, la droite disposait de 7 élus contre 2 de gauche ( 1 PCF et 1 PS élus au scrutin proportionnel en Seine Maritime ).

En Basse Normandie, la droite trustait tous les sièges et donc les 8 élus du Calvados, de la Manche et de l'Orne.

En Région Centre, la droite était omnipotente en trustant les deux sièges du Cher, de l'Eure et Loir, de l'Indre, les trois de l'Indre et Loire, les deux du Loir et Cher et les trois du Loiret, soit la totalité des 14 mandats de sénateur.

En Pays de Loire, il y avait deux élus PS en Loire Atlantique ( mode proportionnel ) avec François Autain et Marie Madeleine Dieulangard, entourés par 3 collègues de la majorité et un bloc de 14 élus, au total, pour l'ensemble de la Région.

En Bretagne, la droite régnait presque sans partage, puisque seul le département des Côtes d'Armor comptait 3 élus de gauche ( 1 PCF, 2 PS comme aujourd'hui ), face aux 11 élus de droite et du centre des autres départements;

1998 vit l'élection surprise de Louis Le Pensec dans le Finistère et de deux de ses colistiers et 2008 consacra le basculement de la Région avec la confirmation du Finistère et la conquête de trois sièges dans l'Ille et Vilaine.

Le tout avant le «  séisme «  politique morbihannais de dimanche dernier.

La Région Poitou Charentes était également une chasse gardée de la majorité sénatoriale d'alors, avec la totalité des 9 élus des quatre départements.

En Limousin, la gauche menait quatre sièges à deux, la Corrèze étant encore contrôlée par le RPR de Jacques Chirac.

En Auvergne, le PS tenait les trois sièges puydômois, mais la droite disposait des six autres sièges de la Région.

En Aquitaine, si le PS disposait d'un élu en Dordogne, de deux en Gironde et de deux dans les Landes, la droite avait trois sièges en Gironde, deux en Lot et Garonne, un en Dordogne et trois en Pyrénées Atlantiques, soit un rapport 5/9.
Aujourd'hui nous sommes à 10/5 pour la gauche.

En Midi Pyrénées, l'Aveyron avait deux élus de droite, l'Ariège un PS, la Haute Garonne 4 PS, le Gers 2 PS, les Hautes Pyrénées 1 PS et 1 MRG, le Lot 1 PS et 1 MRG, le Tarn deux élus de centre droit et le Tarn et Garonne deux MRG.
Soit un rapport 13/4 qui s'est dégradé aujourd'hui aux dépens de la droite.

Mais nous avions là la seconde Région de gauche au Sénat en 1992.

En Languedoc Roussillon, le PS contrôlait les 3 sièges de l'Hérault, les 3 du Gard et les 2 de l'Aude, soit 8 au total, contre 3 à droite, en Lozère et dans les Pyrénées Orientales.
Ce 8/3 est devenu un 8/4, du fait, entre autres, du passage à la proportionnelle dans l'Hérault.

En région PACA, la gauche était un peu affaiblie, ne pouvant compter que sur un élu PCF, un PS dans les Bouches du Rhône, aucun dans le Var ni dans les Alpes Maritimes, pas plus que dans le Vaucluse.

Nous avions donc 3 élus de gauche sur la Région ( avec les Alpes de Haute Provence ) contre 12 de droite et du centre, avec les 3 sièges vigouristes au milieu.
En effet, l'ancien maire de Marseille Robert Vigouroux, qui avait quitté le PS pour le groupe RDSE, avait fait élire avec lui deux colistiers dont l'un, André Vallet, finira d'ailleurs par rejoindre le groupe centriste.
Quant à l'autre, Jacques de Roca Serra, il finira par tenter, lors des municipales 1995, de «  porter «  des listes regroupant les anciens vigouristes et terminera sous les 5 % dans tous les secteurs.

En Corse, un élu de chaque camp.

En Rhône Alpes, la droite disposait de tous les sièges de l'Ain, de Haute Savoie, de Savoie, de la Loire, de l'Ardèche et de l'Isère, soit un total de 17 élus.
La gauche détenait les 2 sièges de la Drôme et 2 des 7 sièges du Rhône.
Rapport global : 4/22 en défaveur de la gauche, loin de l'actuel 17/13 en sa faveur avec, faut il le souligner, trois élus PCF et 14 PS, sans présence des Verts...

Outre Mer, la gauche disposait de 4 élus, contre 9 à droite, bien loin du rapport actuel.

Enfin, la région Ile de France.

En Seine et Marne, 4 élus de droite.
Dans les Yvelines, 1 de gauche, 4 de droite
Dans l'Essonne, 3 de gauche, 2 de droite
Dans les Hauts de Seine, 2 de gauche, 5 de droite
En Seine Saint Denis, 4 de gauche, 2 de droite
En Val de Marne, 3 de gauche, 3 de droite
Dans le Val d'Oise, 2 de gauche, 2 de droite
Enfin, à Paris, 1 de gauche et 11 de droite.

Soit, sur la Région, 16 élus de gauche et 33 de droite et du centre.

On mesure de suite le changement avec le 30/23 issu du 25 septembre...

Le Sénat 1992 comptait donc 87 parlementaires de gauche ( avec les représentants des Français de l'Etranger ) et 234 de droite et du centre.

As the times were a changing :)
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede pba » Dim 2 Oct 2011 11:19

merci pour cette rétro, Vudeloi, qui n'en rajeunira pas certains d'entre nous !

Depuis 1992 (fruit au mieux des municipales 1989) sont venues les municipales 1995, 2001 et 2008.
Dans ces mouvements importants (passage de la gauche de 87 à177 et baisse de la gauche de 234 à 171), n'ya t-il pas eu essentiellement une évolution pour les départements ayant voté au scrutin uninominal, les scrutins à la RP lissant atténuant davantage les évolutions, sauf création de poste ? Avez vous des éléments de réponse, cher Vudeloin?


Pour ma part, qu'une alternance soit intervenue ne dispensera pas de faire évoluer les règles de constitution du collège électoral sénatorial qui reste iniques.
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede vudeloin » Dim 2 Oct 2011 13:04

L'évolution du mode d'élection est évidemment essentielle dans l'évolution générale du Sénat.

En 1992, qui votait à la proportionnelle ?

Le Nord, le Pas de Calais pour 18 élus, la Moselle pour 5, la Seine Maritime pour 6, 7 des 8 départements de la Région Ile de France, soit 45 sièges, le Rhône pour 7 élus, les Bouches du Rhône pour 7 également, la Gironde pour 5 et la Loire Atlantique pour 5, soit un ensemble de 15 départements élisant 98 sénateurs, pour 211 élus au scrutin majoritaire dans les autres départements et Outre Mer.

Sur la durée, la gauche a gagné un siège en Nord Pas de Calais, un en Seine Maritime, 11 en région Ile de France, un dans le Rhône, 3 dans les Bouches du Rhône, un en Gironde et un en Loire Atlantique dans les mêmes départements.
Soit un plus de 19 sièges.

Le passage à la proportionnelle des deux départements alsaciens, de l'Oise, de la Meurthe et Moselle, du Finistère, de l'Ille et Vilaine, du Maine et Loire, de la Seine et Marne, de la Loire, de l'Isère, du Var, des Alpes Maritimes, de l'Hérault, de la Haute Garonne et de la Réunion en Outre Mer a fait gagner, sur la durée, 26 sièges à la gauche.

Mais on pourrait aussi critiquer le fait qu'avant 2001, la gauche, non dépourvue d'influence, n'ait pas eu de sénateur dans un département comme la Loire, l'Isère ou même la Seine et Marne et le Finistère.

Pour le reste, ce sont les départements au scrutin majoritaire, parfois avec un passage par la case proportionnelle, qui ont fait la différence.

Ce sont les deux sièges de l'Ain, celui de l'Aisne, celui de l'Allier, ceux de l'Ardèche, ceux de l'Aveyron, un du Cantal, les deux sièges de la Charente, ceux de la Corrèze, le second de Corse, deux sièges de la Côte d'Or, le second de Dordogne, deux du Doubs, le siège supplémentaire de la Drôme,
les trois d'Indre et Loire, un du Loir et Cher, un du Lot et Garonne, celui de la Lozère, un dans la Manche, les trois du Morbihan, deux des Pyrénées Atlantiques, un des Pyrénées Orientales, un en Savoie, deux dans le Tarn, un dans le Vaucluse, un en Guadeloupe, un en Martinique, deux en Guyane, un à Saint Pierre et Miquelon, un à Mayotte et un en Polynésie, soit 44 sièges.

Ajoutez un siège des Français de l'Etranger et vous retrouvez les 90 sièges gagnés en dix neuf ans.

Mais avec une donnée amusante : c'est que les gains sont également répartis entre départements au scrutin proportionnel et département au mode majoritaire.

A noter aussi que 20 des départements et collectivités ayant opté pour l'élection de sénateurs et sénatrices de gauche, il s'agit de collectivités gérées par la gauche et qui ne l'étaient pas, la plupart du temps, en 1992...
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede vudeloin » Mar 4 Oct 2011 10:51

Parmi les éléments du scrutin du 25 septembre, outre la victoire de la gauche avec 95 élus contre 75, ce qui met en renouvellement 82 élus de gauche et 96 de droite et du centre pour 2014, il convient de porter un regard sur les données « sociologiques « du scrutin.

Pour l’âge moyen des Sénateurs et Sénatrices, il se situe à 62 ans, avec une benjamine de 35 ans, Cécile Cukierman, élue PCF de la Loire, et un doyen de 86 ans, Paul Vergès, élu PCR de la Réunion.

Un peu plus de 45 % des sénateurs sont de fringants sexagénaires, tandis que 47 % des élus n’ont pas encore soixante ans.

La part des femmes a connu une relative stabilité avec 77 sénatrices, aujourd’hui, au lieu de 75 hier, au terme du renouvellement 2008.

Le site du Sénat masque d’ailleurs le fait que quelques femmes, devenues Sénatrices depuis 2008, ont disparu de la circulation et que le nombre des sénatrices est aujourd’hui inférieur à celui qu’il était avant le renouvellement ( Elles étaient en effet 80 dans le Sénat sortant ).

Ainsi, la Réunion ne compte plus qu’une sénatrice, Jacqueline Farreyrol, seconde de la liste UMP, là où elle en avait deux, Gélita Hoarau ( qui devrait succéder à Paul Vergès dans quelques semaines ) et Anne Marie Payet.

De même pour la Guadeloupe, désormais privée de représentation féminine depuis le départ de Lucette Michaux Chevry.

Si Saint Pierre et Miquelon a remplacé son sénateur RDSE par une sénatrice PS, le Loiret a également perdu sa sénatrice, Jeannine Rozier ( un mauvais esprit me dit que ce n’est pas bien grave ) tout comme la Meurthe et Moselle avec la fin du mandat de Jacqueline Panis.

L’un des aspects clé de ce renouvellement est aussi la question de la répartition sociologique des nouveaux élus.

Sur 170 parlementaires élus le 25 septembre, on compte 5 professionnels du monde agricole – un taux d’une faiblesse inégalée au Sénat -, 9 chefs d’entreprise, 36 salariés, 14 représentants des professions médicales, 23 représentants des professions juridiques, 46 enseignants et 31 fonctionnaires.

Ces deux dernières catégories étant dominées par les enseignants du secondaire (22) et les hauts fonctionnaires (17).

Enfin 6 élus sont sans profession déclarée ou exercent d’autres activités professionnelles.

On voit donc clairement qu’un Sénat plus à gauche que par le passé modifie assez nettement la sociologie des élus !

Même si l’âge des élus est évidemment en situation de relativiser la profession d’origine, bien entendu.

Sur les 178 élus de la nouvelle série 2 ( ex série A et partie de la série C), on compte en effet 14 professionnels de l’agriculture, 16 chefs d’entreprise, 29 salariés, 20 représentants des professions médicales, 23 juristes et assimilés, 45 enseignants, et 27 fonctionnaires.

Reste 4 élus sans profession déclarée.

A noter aussi que le renouvellement de cette année a permis l’élection ( ou la réélection ) de 60 maires, de 14 présidents de conseil général et de 2 présidents de Région.

Moins chanceux, pendant ce temps, ont été les 30 parlementaires qui n’ont pas été reconduits dans leurs fonctions tout en étant candidats, à savoir 3 élus CRC – SPG, 6 PS et apparentés, 2 RDSE ( de tendance droite d’ailleurs ), 7 centristes, 11 UMP et 1 non inscrite.

Sur les processus qui ont conduit à ces mésaventures électorales, je ne peux qu’inviter le lecteur à se reporter aux résultats et fils de discussion par circonscription.
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede Jean-Philippe » Mar 4 Oct 2011 11:52

Sur les 50 femmes élues ou réélues, on compte 9 communistes (+Gélita Hoarau à venir), 20 au groupe PS, 5 EELV, 4 centristes (dont Goulet) et 12 UMP, soit 34 élues de gauche sur 95 (35,8%) contre 16 du centre et de droite (21,3).
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede vudeloin » Mar 4 Oct 2011 15:00

Jean-Philippe a écrit:Sur les 50 femmes élues ou réélues, on compte 9 communistes (+Gélita Hoarau à venir), 20 au groupe PS, 5 EELV, 4 centristes (dont Goulet) et 12 UMP, soit 34 élues de gauche sur 95 (35,8%) contre 16 du centre et de droite (21,3).


Et le groupe CRC est d'ailleurs pour le moment au delà de la parité avec Nicole Borvo, Eliane Assassi, Laurence Cohen, Isabelle Pasquet, Annie David, Michelle Demessine, Brigitte Gonthier Maurin, Cécile Cukierman, Evelyne Didier, Marie France Beaufils, Mireille Schurch soit 11 élues sur 21...
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