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Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Forum de discussion dédié aux élections sénatoriales de septembre 2011 et au renouvellement pour la première fois d'une moitié du Sénat français.

Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede Niko1564 » Lun 26 Sep 2011 14:04

Les comptes fluctants 177 - 171, 176 - 172, 178 - 170 (lemonde.fr)
viennent sans doute du fait que l'on comptait 153 sénateurs de gauche
or Daniel Marsin, Guadeloupe, RDSE, est passé à la Gauche Moderne est donc
à l'aide droite du groupe... il a été sèchement battu hier.
152 + 25 gains (26 - 1 en Moselle) = 177 - 171
Il semble que M. Raffarin espère trouver beaucoup de Marsin
et avance des chiffres fantaisistes sur la composition des 2 groupes majeurs..
Attendons les affiliations. :o :o
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede vudeloin » Lun 26 Sep 2011 23:46

Indépendamment de ces décomptes, on aura juste remarqué qu'en deux renouvellements ( 2008 et 2011 ), la gauche aura progressé de 52 sièges dans l'hémicycle du Sénat, passant donc de 125 à 177 sièges...
Ce qui montre, une fois encore, l'étonnante postérité du fameux ' Maintenant tout est possible " !
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede Zimmer » Mar 27 Sep 2011 01:58

Comme en 2008, bon nombre de sièges gagnés par la gauche l'ont été dans les départements comptant trois sénateurs et moins, élus donc au scrutin majoritaire. Les sortants de gauche considérés comme battus d'avance ont également été réélus dans ces mêmes départements où les grands électeurs issus des petites communes sont nombreux.

On sait que le mode de scrutin actuel surreprésente cette catégorie de grands électeurs et il est, en cela, beaucoup critiqué, principalement par la gauche car, pendant plusieurs dizaines d'années, il l'a défavorisée et a empêché que celle-ci puisse espérer devenir, un jour, majoritaire au Sénat. Le phénomène qu'on avait pu commencer à observer en 2008 s'est largement confirmé cette année et c'est, selon moi, le principal enseignement de ces élections sénatoriales de 2011 : les élus des communes rurales n'ont plus forcément le même profil sociologique qu'il y a encore 20 ou 30 ans et ne sont plus toujours majoritairement de droite. Ils ont, au contraire, de plus en plus tendance à ressembler aux "simples" électeurs, dont une partie est régulièrement fidèle à la droite, une autre à la gauche et une autre encore peut voter soit à droite soit à gauche en fonction du contexte politique du moment et de son humeur. Dimanche, ces grands électeurs-là ont clairement effectué un vote-sanction contre la droite et particulièrement contre l'UMP. C'est sans doute l'autre caractéristique de ces élections sénatoriales qui constitue une certaine nouveauté pour ce type de scrutin : il y a désormais aussi un vote-sanction à l'occasion des élections sénatoriales.

L'évolution sociologique des élus des communes rurales et leur ressemblance de plus en plus grande avec le reste de la population devraient se confirmer dans les prochaines années et pourraient continuer de ne pas être défavorables à la gauche, lui permettant même de renforcer encore ses positions au Sénat et d'y être durablement majoritaire. Dès lors et contrairement à ce que prônait le maire de Paris et ancien sénateur, Bertrand Delanoë, dimanche matin sur une station de radio, je ne suis pas certain qu'elle ait désormais vraiment intérêt à changer le mode de scrutin.

Rappelons aussi que le Sénat, chambre des collectivités territoriales, est d'abord la chambre des 36 000 communes qui sont issues de la Révolution française et qui constituent une spécificité de la France en Europe. Vouloir rééquilibrer le mode de scrutin en faveur d'une meilleure représentation des plus grandes villes, c'est, quelque part, faire disparaître encore un peu plus les plus petites communes qui, de par l'échelon de proximité qu'elles représentent, constituent l'une de ses richesses. De la même façon, une élection des sénateurs au niveau régional donnerait encore un peu plus de grain à moudre à ceux qui voudraient faire disparaître les départements qui ont été créés eux aussi il y a plus de deux siècles et qui constituent le noyau dur de notre organisation administrative républicaine déconcentrée. Je ne crois pas que de telles orientations soient, si on se place d'un point de vue historique, si à gauche que ça.
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede Bruno » Mar 27 Sep 2011 07:11

Zimmer a écrit:Rappelons aussi que le Sénat, chambre des collectivités territoriales, est d'abord la chambre des 36 000 communes qui sont issues de la Révolution française et qui constituent une spécificité de la France en Europe.

Juste que les 36 000 communes françaises sont tout sauf issues de la révolution...
Révolution, pendant laquelle d'aucun avait déjà prévu de les réduire à 10 000, et c'est l'attachement aux paroisses qui a sauvé les 36000 communes actuelles... Et les conseils de fabrique qui régissaient les paroisses sont devenus les conseils municipaux
Devinette : Pourquoi les communes de l'ouest de la Bretagne sont pour un certain nombre (celles qui n'ont pas été rescindées depuis pour la plupart) 6 à 8 fois plus grandes que la moyenne des communes françaises ? (Réponse au prochain numéro :) )

Zimmer a écrit:les départements qui ont été créés eux aussi il y a plus de deux siècles et qui constituent le noyau dur de notre organisation administrative républicaine déconcentrée.

- Les départements avaient été crées pour luter contre l'empilement de structures et une organisation jugée irrationnelle du territoire, à partir du postulat suivant : chaque point devant pouvoir être joint du chef lieu en une journée à cheval...
Que penseraient nos révolutionnaires de certains de nos départements d'aujourd'hui ? Je pense moi que certains s'arracheraient les cheveux en voyant des structures aussi sclérosées et ne correspondant absolument pas à des réalités humaines. (là j'ai bien précisé pour certains départements pas de tous)
- Le département n'est plus le noyau dur de l'organisation déconcentrée, et ce mouvement va s'accélérant : de fusions en directions régionales, en interrégionalisations...
Il y a juste que cela se fait sans bruit.
Qui sait pour parler d'un autre échelon déconcentré que le canton n'existe plus et qu'il ne reste plus que la circonscription électorale ? Il a disparu en quelques années sans que personne ne s'en rende compte au rythme des mutualisations...
(Rappel : en tant qu'échelon déconcentré de l’État, le canton était le siège d'une brigade de gendarmerie, d'un bureau ? (j'ai oublié le nom pour le bureau cantonal) des PTT, d'une Caisse du Trésor public, d'une agence de la DDE...)

Zimmer a écrit:Je ne crois pas que de telles orientations soient, si on se place d'un point de vue historique, si à gauche que ça.

Gauche = révolution, droite = monarchie : est pour le moins, à mon avis, une vision très simpliste de l'histoire.
D'autant plus avec le Sénat (puisque c'était le sujet initial) qui avait été créé justement pour assurer la restauration monarchique, avant que les orléanistes ne rallient la République... Sénat qui a l'époque donnait au Président Mac Mahon (en attendant qu'il le donne au roi, Mac Mahon étant supposé être là de manière transitoire) le pouvoir exorbitant de dissoudre la chambre basse.
(C'est sûr qu'avec la 5è république qui accorde ce pouvoir sans contrôle ni contrepartie au président, le côté exorbitant, de ce pouvoir au 19è paraît aujourd'hui bien anecdotique, mais à l'époque c'était tout sauf le cas).
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede iPolitique » Mar 27 Sep 2011 08:08

Sur les comptes et décomptes de sénateurs, je me permets de vous signaler mon bilan des élections sénatoriales par parti politique (+ projection par groupe):
http://www.ipolitique.fr/archive/2011/0 ... iales.html
Cordialement
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede pba » Mar 27 Sep 2011 10:03

Merci à L. de Boissieu, précis et professionnel comme à l'accoutumée.

Pour le "coup d'après " (2014), j'ai remarqué qu'il y avait des départements où la dernière élection sénatoriale a eu lieu en 2004 et qui seront renouvelés en 2014(en plus de tous ceux renouvelés en 2008).
Cette liste concernera des départements qui auront vu entre 2004 et 2014, 2 élections municipales (comme celà s'est déjà produit dans le passé): ce sont les déprtements du Bas -Rhin à l'Yonne à l'exception de l'Ile de France et de la Seine et Marne.

Bas-Rhin, Haut-Rhin, Rhône, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Sarthe, Savoie, Haute-Savoie, Seine-Maritime, Deux-Sèvres, Somme, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var, Vaucluse, Vendée, Vienne, Haute-Vienne, Vosges et Yonne

Sur ces départements, il y aura eu certainement pour pas mal d'entre eux de sérieuses évolutions .
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede Jean-Philippe » Mar 27 Sep 2011 11:44

Pour bon nombre de leaders de l'UMP, la défaite ne s'explique que par deux raisons : les défaites aux élections locales et les divisions. L'éditorial du Monde de ce mardi complète quelque peu cette liste volontairement incomplète en parlant d'une "conjonction d'astres exceptionnelle" : "une lente mutation du monde rural, ou plutôt rurbain", "une grogne sourde des élus locaux, y compris à droite, contre la réforme des collectivités territoriales imposée à la hussarde par le gouvernement; enfin le discrédit profond qui touche l'actuelle majorité et son chef".

Le plus drôle, c'est Estrosi qui explique sur RTL que la défaite aux sénatoriales était la conséquence logique et même préférable pour le maintien du triple AAA. Comprenne qui pourra d'autant plus que lui, comme d'autres, nient farouchement, en dépit du bon sens, l'effet décisif de l'effet de la réforme des collectivités sur ce scrutin.
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede vudeloin » Mar 27 Sep 2011 22:31

On peut toujours se perdre en conjectures sur le pourquoi et le comment des choses, mais force est de constater qu’il est sans doute difficile d’envisager une seule motivation qui ait pu conduire à l’échec magistral de la droite aux sénatoriales de dimanche dernier.

En la matière, je crois plus à une sorte de mille feuilles de raisons et de causes, une sorte de conjonction non pas céleste mais presque de facteurs qui, conjugués et dynamisés, ont fini par produire l’effet constaté.

Premier aspect : l’ensemble des réformes touchant les collectivités locales, singulièrement depuis 2007, qui a agi par sédimentation des mécontentements.

On peut ainsi citer la réforme de la Poste, qui n’a jamais été comprise dans le monde rural et dont on sait qu’elle avait fait l’objet d’une votation citoyenne dont la portée et l’impact avaient surpris même les organisateurs ( syndicats ouvriers et organisations politiques de gauche notamment ).

Pour donner un exemple précis, on avait enregistré en Lozère une participation de près de 7 000 électeurs ( un habitant sur 10 ) dans un des départements où nous avons vu quel résultat cela pouvait entraîner.

On peut aussi citer cette position dogmatique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite dont nombre d’élus locaux, singulièrement dans les campagnes et les pays ruraux, ont pu constater les effets qui sur la fermeture de l’école ou la remise en cause du regroupement pédagogique intercommunal, qui sur celle de la perception ou de la subdivision de la DDE ( là s’ajoutant les effets du transfert des personnels aux départements ) et j’en passe…

N’oublions pas plus la réforme de l’hôpital qui a provoqué, notamment dans les départements à dominante rurale, des fermetures de services présentés comme insuffisamment actifs, ou encore des transformations d’établissements à vocation généraliste en simples maisons de retraite ou hôpitaux dits de moyen et long séjour.

Ensuite, il y a la réforme des finances locales, singulièrement avec la disparition de la taxe professionnelle, et son remplacement par la contribution économique territoriale dont les élus locaux se sont déjà rendu compte qu’elle ne constituait pas l’outil adapté pour cela, bien au contraire.

Il faut dire qu’un impôt fondé sur le retour de l’antique patente et un complément de TVA prélevé au niveau national, cela n’a pas beaucoup de viabilité et de fiabilité…

Et puis la réforme des collectivités territoriales, véritable hydre de Lerne, dont les incidences sont systémiques, et qui met en cause l’existence des communes, des régions et des départements, la réalité de la compétence des élus, l’organisation territoriale du pays et ainsi de suite.

Le caractère comminatoire des nouveaux schémas de coopération intercommunale a fini par conforter un certain nombre d’élus, souvent issus de petites communes, des campagnes, des bourgs et villages, dans leur volonté de refus et de ne pas voter en faveur des candidats pour lesquels on pensait qu’ils voteraient, comme toujours…

Ajoutez à cela le climat des affaires, entre Clearstream et Karachi, et vous tenez une bonne part du résultat de dimanche dernier.

Ceci dit, s’arrêter à ces considérations ne fait pas forcément le compte.

Car il faut bien revenir sur quelques uns des motifs, d’ordre sociologique et politique, qui ont conduit à cette situation.

D’abord, les élections de 2008, plus que toute autre consultation, qui ont profondément modifié la composition des équipes municipales.

Réglons d’emblée une question qui interpellait il y a peu encore pierrep ou Jean Philippe : dans nos mécomptes d’apothicaire, nous avions tendance ( moi et d’autres, comme ligerien ou SALVAT ) à mettre en évidence la situation des plus grandes communes.

Une recherche avisée sur Internet ( il suffit par exemple d’aller chercher sur le site de Ouest France, une fois qu’on a fait l’âne sur Google ou n’importe quel moteur de recherche pour avoir des renseignements de qualité ) ou la collation de précieuses archives électorales facilitent le travail.

Et l’exploitation des sites des partis politiques, du site du Ministère de l’Intérieur ( notamment pour les cantonales et régionales ) complètent la documentation et permettent de donner quelques précieuses indications sur la réalité des rapports de forces ou en tout cas de leur virtualité.

Je n’ai jamais prétendu donner au chiffre près le résultat des élections de chaque département, mais juste offrir une indication sur les possibilités réelles des uns et des autres.

Bien sûr, sur Paris ou la petite couronne, les choses sont simples et l’on peut définir avec une marge d’erreur infime ou, pour le moins, très réduite, quel est le rapport de forces potentiel.

Que ce ne soit pas celui observé met en évidence à mon avis deux choses : d’une part, que la campagne électorale peut avoir un effet sur le comportement des électeurs et d’autre part, met en évidence que l’affaire peut aussi se régler « en coulisses « dans le cadre de transferts de voix inavouables et toujours faisables ; notamment dans un mode de scrutin où l’électorat à « faire bouger « est quand même assez réduit.

Si Philippe Dallier n’apporte pas, contre les consignes de l’UMP nationale, le moindre concours au Nouveau centre en Seine Saint Denis, Vincent Capo Canellas reste seulement maire et conseiller général du Bourget.

Et si Manuel Valls n’organise pas le siphonnage des voix socialistes ( peut être pour des motifs obscurs de primaires et de courants du PS en compétition ) dans l’Essonne, Michel Berson n’est jamais élu et Bernard Vera remplace Marcel Dassault au Sénat.

Surtout que la répartition des votes a été au-delà du nécessaire pour un siège sur la liste Berson, au dessous de l’indispensable pour aller jusqu’au deuxième ( objectif inavoué ) et, dans les deux cas, suffisante pour faire tomber à 2 les élus de la liste d’Union de la Gauche.
300 suffrages auraient suffi à élire Berson et 893 auraient permis à Bernard Vera d’être élu.

Puisque la moyenne de la liste d’Union aurait été de 297,7 voix au troisième élu et celle de Dassault serait restée de 294.

L’importance des votes ainsi transférés accuse d’ailleurs les auteurs de la manipulation : l’excès dans le nombre de voix ainsi déplacé caractérise en effet nettement que « cela ne s’est pas fait tout seul «.

Revenons au cas général et notamment aux estimations que nous avions pu produire dans les départements à dominante rurale.

Parce qu’évidemment la fiabilité des estimations vient aussi du fait que nous avons une part plus ou moins importante de l’électorat sénatorial dont nous pouvons « identifier « la qualité et la sensibilité.

Plus facile en Seine Saint Denis avec 40 communes élisant leurs conseils municipaux sur scrutin de liste à la proportionnelle que dans l’Oise ( 675 communes ), la Moselle ( 730 communes ), malgré la part de l’électorat rassemblée dans les villes.

Plus facile, au regard de l’Oise et de la Moselle, dans le Morbihan ou l’Indre et Loire et presque aussi complexe en Meurthe et Moselle et dans l’Isère.

Le nombre de communes compte évidemment et s’il n’y a que 261 communes en Morbihan pour des raisons historiques ( et notamment le fait que la région n’a été que tardivement rattachée à la France ), il y a aussi une part importante de l’électorat sénatorial qui y est aisément repérable.

Dans l’Aisne ( qui fut renouvelé en 2008 ) qui compte 13 communes de plus de 3 500 habitants et 803 de moins de 3 500 habitants, vous imaginez que l’estimation est plus « délicate « à produire.

Après, comme je l’ai déjà fait, l’avantage, si l’on peut dire, de connaître la situation des grandes villes et de comparer avec les résultats atteints permet de produire une estimation sur le vote des plus petites communes.

Prenons la Seine et Marne.

Dans un message daté du 28 juillet dernier, j’avais donné une estimation du rapport des forces dans les communes de plus de 3 500 habitants.

Elle donnait 682 voix à la droite, 220 au centre et 854 à la gauche.

Cette totalisation, soulignons le, ne comportait aucun suffrage FN affiché.

Et les grands élus comportaient 39 voix à gauche ( ce qui porte le tout à 893 ), 36 à droite ( total 718 ) et 1 au centre ( total 221 ).

Et, ce dimanche, nous avons eu, dans l’hypothèse où aucune voix n’aurait manqué dans les villes, les résultats suivants

Gauche : 1284 + 4, soit 1 288 voix.
Ce qui veut dire que 395 électeurs venus de petites communes ont voté à gauche, au moins.

Centre : 330 + 122 + 28 ( liste CAP 21 ), soit au total 480 voix, ce qui semble vouloir dire que 259 voix sont allées au centre dans les petites communes, même s’il est probable que des voix que nous avions classées à droite ont voté Jego, Ruffin ou Cap 21.

Droite et extrême droite : 1 146 + 64, soit au total 1 210 voix.

Ce qui semble vouloir limiter à 492 le nombre de voix pour la droite et l’extrême droite dans les petites communes du département.

En clair, l’UMP a perdu la majorité absolue dans les communes et que 5 à 6 % des élus des petites communes ont même préféré voter FN…

Cette situation amène naturellement à la question clé.

Celle de la sociologie des élus locaux profondément évolutive depuis plusieurs renouvellements municipaux.

Nous avons apparemment un recul des agriculteurs en activité ou retraités, l’irruption de couches nouvelles salariées au sein des équipes municipales, y compris lorsque ces équipes sont composées de gens de sensibilités diverses, et une sociologie qui, de manière générale, « suit « en fait le mouvement de « rurbanisation « que connaît la campagne française depuis quelques années.

Je me souviendrai toujours, personnellement, d’un village pyrénéen où j’avais été passer des vacances il y a vingt ans et dont le conseil municipal était à l’époque dominé par deux ou trois familles d’agriculteurs exploitants.

J’avais parlé de tout cela avec un conseiller municipal qui était, pour sa part, fonctionnaire du Trésor public et qui avait été élu, notamment parce qu’il fallait compléter la liste avec toutes les « bonnes volontés « disponibles.

J’ai téléchargé en 2008 le trombinoscope des maires de ce département pyrénéen sur le site d’un quotidien régional.

Mon fonctionnaire du Trésor était désormais retraité mais il avait aussi changé de statut : c’était lui, en 2008, le Maire de ce village.

Je ne pense pas que cela soit un cas isolé, d’autant que les élections 2001 et 2008, au plan municipal, ont marqué, dans nombre de villages de France, une modification sensible de la qualité des élus et un profond renouvellement des cadres.

Notamment pour des affaires de génération, entre autres la fin de carrière, si l’on peut dire, des maires de gauche élus de 1977 et dont la succession, dans le contexte de 2001, ne fut pas toujours aisée.

Mais aussi parce que les fonctions de maire ou d’élu municipal se sont quelque peu « technicisées « et que les tâches à accomplir sont de plus en plus complexes et prenantes.

Dans un contexte où il ne faut, en même temps, jamais oublier que les deux tiers des élus de notre pays, parce qu’ils ne sont que conseillers municipaux, sont des bénévoles, dont la vie personnelle est exactement identique à celle de leurs administrés.

Les électeurs du Sénat, c’est spécial mais ce n’est pas forcément très différent du commun des mortels, si j’ose dire.

Dernier point : l’intercommunalité.

En 2011, cela fait déjà treize ans que la loi Chevènement sur l’intercommunalité a été adoptée.

Nous avons eu l’occasion de pointer comment, dans certains endroits du territoire, elle a beaucoup été conçue comme le moyen de grouper autour d’un projet collectif des communes de même sensibilité.

Mais le cas général veut que nous soyons en présence de structures plus « diverses « où les élus peuvent avoir presque toutes les étiquettes, où la confrontation politique directe n’est pas forcément de mise, etc, etc…

Maurice Leroy, par exemple, a aussi perdu dans le Loir et Cher parce qu’il, lui et ses affidés, une conception de l’intercommunalité discriminatoire, favorisant les élus dociles et pénalisant les récalcitrants.

Il suffit de voir comment Philippe Sartori, suppléant de Maurice Leroy lors de ces sénatoriales, fait tourner son EPCI pour s’en rendre compte !

A contrario, je pense que la manière dont Alain Bocquet mène sa barque dans le Nord, au sein de la Communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut, ou Bernard Baudoux travaille avec les élus de sensibilité diverses sur la CA du Val de Sambre autour de Maubeuge ont pu participer du résultat obtenu par la liste conduite par Eric Bocquet et Michelle Demessine, malgré la présence de la dissidence d’Ivan Renar.

Et je pense qu’il serait trop long de citer l’ensemble des élus socialistes qui, dans une gestion avisée des structures intercommunales, ont pu aussi avoir l’oreille des élus présumés DVD ou modérés à l’occasion de ces sénatoriales.

Toujours est il que la pratique de l’intercommunalité a fait sentir ses effets dans les résultats et que la conception souvent caporalisée ou simplement négligente de la parole et des attentes des petites communes qui caractérise certaines structures a joué en défaveur de nombreux candidats de droite, notamment UMP.

L’image des élus UMP, profondément attachée au véritable repoussoir que constitue aujourd’hui la politique Sarkozy, s’est trouvée lourdement détériorée et cette détérioration a été amplifiée par ce que l’on a observé dans quelques endroits bien précis.

Parce que, franchement, dernier exemple, comment se fait il que Bruno Sido, ancien président de la FDSEA de Haute Marne, Président du conseil général, a été contraint à un second tour de sénatoriales, remporté par 402 voix contre 365 à son adversaire socialiste, alors même que Saint Dizier, Chaumont, Langres, Joinville ou encore Nogent en Bassigny sont toutes des communes gérées par l’UMP ou les divers droite ?
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede pierrep » Mer 28 Sep 2011 17:57

A Vudeloin : chapeau ...excellente mise en perspective , analyse fine du résultat . Je crois qu'effectivement les intercos sont une clé importante et que certains ex-sénateurs ( ou ex-futurs) s'en mordent les doigts ..
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Re: Les élections sénatoriales du 25 septembre 2011

Messagede Bruno » Jeu 29 Sep 2011 08:03

C'est dommage que le type "forum" ne puisse permettre de mettre en exergue un post en particulier.

Car la synthèse détaillée de vudeloin résume plus que probablement très bien ce qu'ont été ces sénatoriales de 2011 !

(Félicitations ! ;) )
Bruno
 
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